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Pas une voix ne doit manquer à Emmanuel Macron

Le débat d’hier, en opposant les candidats sélectionnés par les Français pour concourir au deuxième tour des élections présidentielles dimanche prochain, a stupéfait la France et le monde. La candidate du Front national, Marine Le Pen, a déchiré tous les masques de factice respectabilité qu’elle essayait, depuis tant d’années, de placer laborieusement devant son vrai visage. Grossière, injurieuse, calomnieuse et même diffamatrice, elle a contraint le débat politique le plus exposé de la cinquième puissance mondiale à être une suite de confusions et d’échanges pénibles.
Les Français ne peuvent plus, après ce funeste débat de mercredi soir, ignorer le risque mortifère du Front national pour notre pays, pour eux-mêmes, pour les travailleurs, les familles, les humbles et les souffrants.
Marine Le Pen n’a exprimé nul souhait pour la France, nul amour pour la République, nulle fierté pour son Histoire, nulle sollicitude pour les Français, nulle lucidité sur le monde. Engluée dans une incompétence inédite à ce niveau de vie politique, confondant les monnaies, les groupes industriels, les lignes budgétaires, les dates et les données, elle s’est livrée à la plus grande mystification d’improvisation politique de l’Histoire française. Sans rien à dire, rien à proposer, elle a insulté son adversaire, le peuple qu’elle prétend gouverner, les institutions républicaines et le fonctionnement démocratique. Trop méchante, trop légère, elle n’a fait que trop perdre de temps à la France et aux Français.
Se nourrissant des souffrances, des ressentiments et des malheurs des Français, le Front national veut profiter de la division des forces politiques républicaines. Au-delà des légitimes débats que nous devrons avoir dans les prochains temps, il n’est pas pensable de ne pas se rassembler autour des valeurs de la République, de l’amour de la France, de la cohésion du peuple français. Laisser le Front national espérer une victoire dimanche prochain serait nourrir une hydre crachant la guerre civile dans nos foyers, nos villes, nos villages et notre avenir.
L’extrême-droite a assumé le pouvoir dans des grands pays, elle a exercé des responsabilités au sein de dictatures, mais aussi, plus récemment chez nos voisins, au sein de gouvernements issus de majorités parlementaires. Le bilan est sans appel : l’extrême-droite trahit toujours, et elle trahit d’abord les peuples. Elle singe l’amour du peuple, le discours de la gauche sociale, son audace, sa persévérance et sa faculté à créer de l’espoir et de l’enthousiasme populaire. Mais, une fois le pouvoir conquis, l’extrême-droite devient toujours complice des forces protectrices des rentes et des patrimoines, partageant avec elles l’amour de l’ordre et de la glaciation des hiérarchies sociales. Marine Le Pen veut sortir de Bruxelles, mais pliera devant le premier banquier de Francfort.
Marine Le Pen, indigne de la fonction qu’elle brigue, moulin de vanités et de vacuités, n’a de cesse de provoquer des fractures dans la société. Peu importe les coûts sociaux qui résultent de la manipulation de la haine, ils indiffèrent Marine Le Pen qui, derrière un ricanement arrogant, outragea, hier soir, les Français.
Le lepénisme est un danger immédiat pour tous les républicains. C’est un discours d’extrême-droite, de haine et de confusion, mais aussi de ruse. Il veut porter au pouvoir une classe politique avide de pouvoir et de sévérité au nom d’abstractions. Sortir de l’euro, revenir à l’écu, déclencher une dévaluation, faire chuter l’industrie, faire exploser les discriminations, couper les investissements étrangers, étouffer le commerce, insulter nos partenaires européens, paupériser des pans entiers de la population, autant de projets que toute nation civilisée devrait éradiquer immédiatement, mais que notre pusillanimité politique a fait perdurer. Il est temps de revenir aux sources, il est temps de ne plus transiger entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
Dimanche, pas une voix ne doit manquer à Emmanuel Macron. C’est le visage de l’humanisme, du progrès ; c’est surtout le visage de la République.