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[5 ans pour…] Une Assemblée plus paritaire

Au cours des cinq années de cette législature, j’ai tenu à placer l’Assemblée nationale sous le signe de la parité. Disons-le d’emblée, notre institution est encore clairement trop peu féminine. Pour autant, jamais elle ne l’a autant été, avec 155 femmes élues députées en 2012 – soit un peu moins de 27% de la représentation nationale. Quand on compare ce chiffre aux 33 députées élues lors des premières élections ouvertes aux femmes, en 1945, on mesure certes le chemin parcouru, mais surtout celui qui reste encore à parcourir.

Voilà pourquoi j’ai voulu mettre en place une Assemblée nationale plus paritaire. A ce titre, j’ai notamment mis un accent particulier dans le cadre des nominations que j’avais à effectuer en vertu de la Constitution et des normes en vigueur, avec 33 femmes et 32 hommes nommés sur 65 nominations effectuées à ce jour. Pour la première fois de son histoire, la présidence de l’Assemblée nationale aura donc nommé plus de femmes que d’hommes.

De la même manière, j’ai voulu faire entrer, pour la première fois, une figure féminine autre qu’une allégorie à l’Assemblée nationale. Le 19 octobre dernier, je dévoilais en salle des Quatre-Colonnes, avec la vice-présidente Sandrine Mazetier – que je tiens à remercier pour son travail et son engagement – le buste d’Olympe de Gouges créé par les artistes Fabrice Gloux et Jeanne Spehar. La représentation nationale a ainsi rendu hommage à cette grande figure féminine, auteure en 1791 de la Déclaration de la femme et de la citoyenne, ainsi qu’à trois des premières députées de France, championnes et pionnières du combat pour l’égalité des droits.

Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes, c’est aussi lutter contre toutes les formes de sexisme et de violence. C’est pourquoi j’ai mis en place dès novembre 2013 un dispositif anti-harcèlement à l’Assemblée nationale – qui ne se limite bien sûr pas aux femmes, mais nous savons malheureusement que le harcèlement s’exerce souvent davantage à leur égard. Les mesures de prévention et d’information concernant le harcèlement ont également été renforcées en 2016.

Là aussi, la représentation nationale a un devoir d’exemplarité. C’est pourquoi j’ai veillé à condamner avec la plus grande fermeté toute manifestation de sexisme au sein de notre hémicycle, y compris, pour la première fois, en prenant des sanctions financières contre des députés qui s’étaient montrés ouvertement misogynes. Il y a des comportements qu’on ne doit jamais accepter, encore moins de la part des élus de la Nation.

Ce mouvement de l’Assemblée nationale vers l’égalité n’est pas terminé. Le 7 mars prochain, à l’initiative de la députée Catherine Coutelle, aura lieu à la présidence de l’Assemblée nationale un grand rassemblement consacré aux anciennes et nouvelles féministes. Je signerai à cette occasion, au nom de l’institution que je préside, la Convention d’engagement pour la communication publique sans stéréotype de sexe. 

Je tiens à ce titre, et pour toutes les réformes engagées, à remercier tout particulièrement la délégation aux droits des femmes et singulièrement sa présidente, Catherine Coutelle, qui œuvrent chaque jour pour une Assemblée nationale plus paritaire et pour une société plus juste. Je remercie également toutes celles et tous ceux qui agissent et ont agi depuis cinq ans pour plus d’égalité et de parité. Je pense notamment à Madame la Ministre, Yvette Roudy, qui défend toujours avec ténacité la cause des femmes, à Danielle Bousquet, la Présidente du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, à la grande anthropologue Françoise Héritier, qui nous a fait l’amitié de venir nous éclairer sur les racines des inégalités de sexe et à Agnès Varda, qui 43 ans après la signature du Manifeste des 343 est venue nous rappeler l’importance de rester mobilisés. Je pense à Francoise Durand, la Présidente de l’association « Olympe de Gouges Aujourd’hui », à Grégoire Théry, l’infatigable Secrétaire général du Mouvement du Nid et à Annie Sugier, la Présidente de la Ligue du Droit Internationale des femmes. Merci également à Véronique Sehier et Carine Favier, les co-Présidentes du Planning Familial, à Yves Charpenel, le Président de la fondation Scelles, à Réjane Sénac, Chercheuse au CEVIPOF et à Gérard Briard, Patrick Jean et Frédéric Robert de Zeromacho. Enfin, je n’oublie pas Maya Surdut, la compagne de toutes les luttes féministes, qui nous a quittés l’année dernière. 

Je le disais, et nous le savons : le chemin reste encore long. Il nous faut surtout garder en mémoire que le combat pour l’égalité n’est jamais acquis. A l’Assemblée nationale, il est du moins, désormais, gravé dans la pierre, et je sais qu’il continuera de vivre à travers les citoyennes et les citoyens qui partagent notre engagement.

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