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Sauver Alep

Les dernières images transmises aux médias occidentaux montrent une ville d’Alep transformée en enfer apocalyptique. Non, nous ne parviendrons pas à être habitués à l’horreur, résignés à l’infamie, soumis à la violence.

Comme Sarajevo hier, comme Beyrouth avant-hier, Alep est une ville martyre. Les offensives gouvernementales récentes aboutissent à des exécutions sommaires, à des ravages inédits. Les morts, les déplacés, se comptent par dizaines, voire centaines de milliers. Alep, une des plus vieilles villes du monde, classée patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco, avec ses merveilles chrétiennes, musulmanes, byzantines, est au centre d’un tourbillon de violence, de mort et de destruction sans fin depuis juillet 2012. Les bombes détruisent des hôpitaux, des écoles, des orphelinats. Les réfugiés syriens qui arrivent en Europe racontent un enfer.

Trois députés, Cécile Duflot (Les Verts), Hervé Mariton (Les Républicains) et Patrick Mennucci (Parti socialiste), dans le cadre du libre exercice de leur mandat parlementaire, en essayant d’exprimer à Alep la solidarité des humanistes, n’ont pas pu accéder au territoire syrien. Ils tentent pourtant de faire accepter la création de corridors humanitaires et de circuits d’évacuation qui sauveraient des milliers de vies si les belligérants acceptaient de mettre quelque frein à leur fureur.

La Syrie est victime de la reconfiguration du monde. On a cru à une Russie redevenue simple puissance régionale : elle s’affirme au contraire redoutable puissance mondiale. On a cru à des Etats-Unis gendarmes offensifs du monde : ils se révèlent fatalistes et déçus, comme le montre un récent enregistrement du Secrétaire d’Etat John Kerry, où, je cite, il avoue « Personne n’est plus frustré que nous ». On a cru pouvoir établir une opposition cohérente au régime sanguinaire et insupportable de Bachar El Assad : nous n’avons pas évité le noyautage de l’opposition au régime par des groupes terroristes comme le Front Fatah al-Cham (ancien Al-Nosra).

Alors que faire ? Parler les yeux dans les yeux avec la Russie pour cesser les bombardements sur les civils, ne pas lâcher notre pression sur le régime syrien, poursuivre notre action de rapprochement de l’Iran et de ses partenaires régionaux, et exiger une action humanitaire par l’entremise de l’ONU. Cette action humanitaire est urgente, très urgente, nous devons l’imposer ! Les corridors humanitaires sont possibles, il faut s’engager à les établir.

Ce que montre le martyr d’Alep, c’est que les peuples de la Terre seront toujours les victimes des concurrences des grandes puissances. Nous devons, au sein de l’Europe, au sein de l’Otan, dans le cadre de discussions très résolues avec les grandes puissances, la Chine, la Russie, concevoir une procédure de discussion internationale qui empêcherait les catastrophes comme celle d’Alep. Cela pourrait passer par une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU qui devrait être saisi préalablement à tout siège d’allié d’un des membres permanents. Nous devons agir.

C’est l’Humanité qui, tout entière, est captive à Alep.

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