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Interview dans le journal « La Provence »

A l’occasion de mon déplacement à Marseille, jeudi 13 octobre, j’ai répondu aux questions du journal « La Provence ». A lire ci-dessous ou sur le site du journal. 

Le modèle républicain que vous défendez est-il en danger ?
Claude Bartolone : Beaucoup de nos compatriotes ont le sentiment que les mailles de la République sont desserrées. Sur le logement, dans l’éducation, sur la santé, les transports, la sécurité, l’engagement de l’État doit être fort. Cela signifie des moyens pour le service public. Aller au bout des réformes engagées. Dans un contexte où certains se nourrissent du sentiment d’abandon de la République, nous devons apporter des preuves. Nous sommes au rendez-vous.

Ca va mieux ? Vraiment ?
Claude Bartolone : Un exemple : on a connu la meilleure rentrée scolaire du quinquennat. Sur la sécurité, on commence à retrouver les niveaux d’effectifs de 2012. Sur la défense, la priorité budgétaire a été rétablie. Sur l’emploi, on connaît quelques éclaircies. Le problème avec le slogan « Ça va mieux », c’est qu’il homogénéise. Beaucoup de nos compatriotes n’y sont pas sensibles. J’ai toujours regretté qu’après le rapport Migaud sur l’état du pays, on n’ait pas mieux décrit la situation aux Français. Nous le payons très cher aujourd’hui.

N’est-il pas trop tard pour la gauche ? Certains pensent qu’elle ne sera pas au second tour de la présidentielle…
Claude Bartolone : Rien n’est jamais joué d’avance. Il n’y a d’envie dans ce pays pour aucun des candidats. Il n’y a pas d’adhésion pour des candidats qui sont des enfants de la télé et pour qui les sondages sont plus importants que les idées. La victoire appartiendra au camp qui saura le mieux mobiliser son électorat. Autant, en 2002, on a pu être surpris par le FN, autant on ne peut plus courir le risque de la division. On l’a vu aux régionales, notamment dans cette région. Si la gauche n’est pas rassemblée, si elle n’assume pas ce qu’elle a réalisé, si elle n’est pas capable de porter des espoirs, elle ne sera pas audible. L’électorat de gauche est toujours le plus exigeant.

François Hollande est-il le candidat capable de rassembler cette gauche ?
Claude Bartolone : La certitude, c’est que si la gauche n’est pas capable de se rassembler, aucun candidat ne sera en position de gagner. François Hollande comme les autres. Mais depuis, il y a eu ce livre (« Un président ne devrait pas dire ça », NDLR) qui pose d’autres questions. Donc, nous verrons…

On peut voir ce livre comme une déclaration…
Claude Bartolone : Un président doit entretenir le feu sacré de la République. Un président ne doit pas autant se confesser. Le devoir de silence fait partie de sa fonction. Il doit être à tout moment le garant de nos institutions. Nous l’avons bien vu tout au long des tragiques événements que nous avons connus. De plus, il y a la concomitance avec l’interview de l’Obs qui aurait pu mobiliser. Vraiment, les stratèges de la communication présidentielle ont fait très fort…

Ce livre pourrait-il être une forme de suicide politique ?
Non, parce que François Hollande est pleinement responsable de ses décisions. Mais je me pose des questions sur sa volonté. Une hésitation transparaît. Je lui ai fait part de ma stupéfaction. Il y a un grand besoin d’explication pour comprendre s’il veut vraiment être candidat.

Le rassemblement est-il tout simplement encore possible ?
Le rassemblement, je ne pense qu’à cela. Mais on n’a pas trouvé de règle de vie commune dans ce quinquennat. Nous sommes sans cesse dans le temps du débat. Je comprends les doutes de nos députés. Ils sont en contact avec les citoyens. Et c’est vrai que le mardi, jour où ils reviennent à l’Assemblée, c’est toujours sportif. Ils sont porteurs d’angoisses, de colères. Mais ils n’ont jamais baissé les bras. Certains points ont été pris en compte. Sur d’autres, le débat n’est pas allé assez loin. Cela a conduit à l’utilisation du 49-3. Mais il n’est pas trop tard pour se rassembler. Car le temps électoral permet aussi de voir ce que proposent les autres. On est dans la bataille des « Monsieur moins » chez Les Républicains. Moins de fonctionnaires, moins de services publics…

Propos recueillis par François Tonneau.

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