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Journée mondiale des réfugiés

Depuis 2001, le 20 juin est la journée mondiale des Réfugiés. Une journée pour nous rappeler que notre devoir de pays démocratique est d’accueillir les persécutés et les opprimés, dans des conditions dignes et de leur offrir la possibilité de vivre libres, comme nous le sommes.

En cette journée mondiale des réfugiés 2016, j’ai une pensée attristée pour tous ceux qui, fuyant les totalitarismes, les guerres ou les persécutions, ont péri au cours de leur voyage vers le monde libre. Trop nombreux sont ceux qui ont perdu la vie en traversant la méditerranée : plus de 3500 victimes pour la seule année 2015. Trop nombreux sont ceux qui ont dû peser ce risque avec l’espoir de trouver, à l’arrivée des conditions de vie acceptables. Les guerres qui ont éclaté ces dernières années, en Afrique, au Moyen Orient, plongent des millions d’hommes, de femmes et d’enfants dans le malheur et la mort. Nous devons accueillir ceux qui parviennent jusqu’à nos frontières : ce n’est pas un défi, c’est un devoir.

Or en France, en Europe, des voix conservatrices ou radicales s’élèvent pour relativiser cet engagement en soutenant que les réfugiés économiques profitent de ces événements, que l’accueil des réfugiés a un coût. Il y a toujours des gens pour mettre un prix sur tout. Ces considérations ne sont pas dignes des valeurs humanistes portées par les pays d’Europe et ne font pas partie des idéaux que nous voulons laisser à nos enfants en héritage.

L’Union européenne peine à construire un discours cohérent, crédible, digne de son histoire. Pourtant chaque Etat-membre a signé la convention de Genève de 1951, s’engageant à accueillir de manière inconditionnelle les personnes pouvant prétendre au statut de réfugié. Il nous faut réussir à harmoniser le droit d’asile à l’échelle de l’Union européenne et faire en sorte que la solidarité entre Etats membres joue pleinement, ne laisse pas dans la difficulté les seuls Etats qui sont aux portes de l’Europe.

En France, nous avons adopté en juillet 2015 une loi réformant le droit d’asile, dans l’objectif double de réduire les délais d’instruction des demandes et de donner aux demandeurs les garanties d’un meilleur accompagnement pendant la procédure. Les dispositifs d’hébergement ont été augmentés, grâce à l’action combinée du gouvernement et des collectivités territoriales, l’orientation des personnes a été améliorée grâce à la mobilisation sans faille des associations et de leurs bénévoles. Je veux saluer ici tout particulièrement l’engagement d’Anne Hidalgo, maire de Paris, de créer de nouvelles places d’hébergement pour offrir des conditions dignes à ceux qui vivent dans des campements de fortune.

Ces actes louables ne peuvent cohabiter avec un discours que j’entends parfois, conservateur, visant à limiter le nombre de ceux qui peuvent bénéficier de ces dispositifs pour des questions budgétaires et comptables. Chaque persécuté doit y avoir droit. Le monde nous regarde. Nous ne pouvons laisser périr des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, dans l’indifférence. Nos volontés de faire doivent dépasser le court terme des drames et permettre de trouver des solutions dans la durée ; sinon les drames se reproduiront.

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