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La Tunisie, symbole du renouveau démocratique

Je suis depuis hier en Tunisie pour un acte de coopération parlementaire qui m’est cher.

La Tunisie est une jeune démocratie, animée par un peuple qui s’est libéré lui-même et qui a droit à toutes les exigences.

La démocratie, c’est d’abord l’expression de la volonté du peuple, souverain, tout-puissant, légitime. Mais c’est aussi des institutions qui doivent fonctionner avec des travailleurs, des fonctionnaires, des budgets, des procédures, des fonctions et des services. C’est pourquoi l’Assemblée nationale française s’est portée volontaire pour rendre fructueux un jumelage avec l’Assemblée des Représentants du Peuple de Tunisie dans le cadre d’un partenariat technique inspiré par l’Union européenne.

L’Union européenne a en effet lancé, le 20 juin 2015, un appel à candidatures pour un projet de jumelage institutionnel avec l’Assemblée des Représentants du Peuple de la République tunisienne. Ce projet d’assistance technique est d’une durée de 36 mois. Ses activités, menées en français, sont organisées dans le cadre de six volets :

1 – l’autonomie administrative et financière qui consacre la séparation des pouvoirs ;

2 – le renfort des moyens de l’Assemblée des représentants du peuple en matière de procédure législative et de contrôle du gouvernement ;

3 et 4 – le développement des services généraux, fonctions peu visibles mais décisives ;

5 – l’amélioration de la communication, dans son sens le plus large ;

6 – la valorisation de l’activité internationale de l’Assemblée.

A l’occasion de cet ambitieux projet parlementaire, j’ai répondu à l’invitation du Forum International de Réalités pour participer à sa XIXème session consacrée aux enjeux et défis de la nouvelle politique de voisinage de l’Union européenne, à Hammamet. Je participerai à une table ronde aux côtés de la grande philosophe tunisienne Hélé Béji.

L’Union européenne, en matière de politique migratoire et de voisinage, est trop frileuse. Elle doit attribuer plus généreusement des répartitions de réfugiés en son sein. Elle doit mettre en place des procédures plus rigoureuses et plus importantes de recensement et d’assistance aux réfugiés. Elle ne doit pas faire de tri entre les bons et les mauvais réfugiés selon des nationalités qu’elle sélectionnerait.

Elle doit s’engager dans une politique de coopération plus franche avec la Turquie et les Etats concernés du Moyen-Orient, qui ont, avec nous, un destin commun, une mission commune, celle de faire la paix du nouveau siècle pour des millions d’êtres humains.

Mais il faut aussi que l’Europe s’engage à traiter les causes des départs. Personne ne se risque à traverser la Méditerranée par plaisir. Il faut avoir le courage de comprendre comment se sont installés année après année, siècle après siècle, des processus de domination qui placent certains peuples dans l’insécurité, l’insatisfaction et les souffrances chroniques. Tous les peuples sont frères, et il est illusoire de croire qu’une partie de l’humanité peut se replier sur elle-même en ignorant les cris de souffrance du monde.

La Tunisie est dans l’esprit de tous les petits français, de tous les écoliers. Quand ils lisent Salammbô de Flaubert, quand ils apprennent le vertueux suicide de Caton, à Utique, qui attendait l’armée de Jules César, quand ils lisent le merveilleux chant de Virgile consacré à Didon et Enée dans l’Enéide, quand ils apprennent l’histoire de Louis IX, mort de la peste devant Tunis, quand ils découvrent, en photographie, des merveilles mondiales comme la mosquée de Kairouan. Ou encore quand ils apprennent l’histoire de Habib Bourguiba, ce géant du XXème siècle. La Tunisie doit réussir son renouveau démocratique. Le monde la regarde, le monde doit l’aider.

Mon discours prononcé à l’occasion de ce séminaire:

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