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Bonne rentrée à tous les étudiants

17 universités, 645 000 étudiants, 470 000 lycéens, 471 établissements, 176 centres de formation d’apprentis. L’Ile-de-France est non seulement un champ fertile pour l’éducation, mais l’espoir de milliers de jeunes en France et dans le monde. Ces jours-ci, les étudiants font leur rentrée. Héritiers des étudiants de Robert de Sorbon qui, sous Saint-Louis, fonda une Université qui allait devenir une des plus prestigieuses du monde, ils ont le droit de parler en maîtres à leurs aînés, puisqu’ils sont les dépositaires de leurs connaissances, de leurs œuvres, de leur génie.

Qu’avons-nous fait de leurs espoirs ? Qu’avons-nous fait de notre Université ?

Le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait tenté de dépecer le service public de l’enseignement supérieur. En considérant les universités comme des petites et moyennes entreprises, elles ont pris les professeurs pour des managers, les étudiants pour des clients et les directeurs d’université pour des cost-killers. Après les universités, les lycées sont visés. Après les lycées, d’autres services publics.

Il suffit de rencontrer des étudiants, des chargés de TD, des maîtres de conférences, des professeurs, des bibliothécaires. Ecoutons leurs colères. Ecoutons leurs inquiétudes. Les étudiants et leurs professeurs sont toujours aussi talentueux, prometteurs, uniques au monde. Mais ont-ils les moyens de poursuivre leur rêve, leur vocation, leurs projets ?

Méprisée par les parents des classes favorisées au profit des grandes écoles et des business schools, stigmatisée par les conservateurs pour encore croire à l’égalité des étudiants et à l’universalité des savoirs, l’Université a besoin de la mobilisation pleine et entière des progressistes.

Car l’Université sait très bien se moderniser, se réformer, s’améliorer ! Entre mille exemples, le projet de fusion entre l’Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC) et l’Université de Marne-la-Vallée (UMLV) est engagée. En 2017, verra le jour une Université Paris-Est, résultat de cette fusion, qui donnera une lisibilité et une puissance nouvelles au potentiel universitaire de ce territoire jeune, dynamique et passionnant. L’ensemble concernera 40000 étudiants. Donc, il est possible de réformer profondément les structures universitaires sans créer des machines d’inégalités, comme la loi Sarkozy sur l’autonomie des universités et sans l’explosion des droits d’inscription.

La Région est directement chargée de la gestion des lycées. Creuset des destinées, matrice des fatalités, les lycéens et leurs parents doivent se réconcilier avec la République. Tout doit être fait pour abattre les freins à la démocratisation des lycées et à l’égalité entre les lycéens. Mais l’effort vaut aussi pour les universités.

Si nous ne faisons rien pour l’université, sa marchandisation continuera. Certains disent que le système français est plus inégalitaire que les systèmes anglo-saxons et voudraient créer sur notre territoire quelques pôles d’excellence, avec des droits d’inscriptions prohibitifs, et laisser le reste à l’abandon. Savent-ils que les parents des étudiants de Harvard gagnent en moyenne 450 000 dollars (2% de la population) ? Partout sur le territoire français, le diplôme, sanctionné par l’Etat, doit être le même. Ce qui change, ce sont bien sûr les orientations, les masters, les thèses, les partenariats. Concilier créativité et République, voilà notre défi.

Je veux entrer en résistance contre la marchandisation de l’université, et pour réaffirmer sa dignité. Je veux réaffirmer ma volonté farouche de sanctuariser l’Université des droits d’inscription marchands. Je veux assurer que nous ne céderons à aucune sirène, et surtout pas à celle qui dit autonomie quand elle pense concurrence, celle qui dit responsabilité quand elle pense précarité, celle qui dit qui excellence quand elle pense surtout toujours pour les mêmes. Les étudiants ont de plus en plus de mal à financer leurs études. Ils connaissent des carences d’alimentation, des manques de soins de santé, des problèmes de logement, ils subissent des loyers prohibitifs, ils passent tous les jours trop heures dans les transports. Les enseignants se sentent seuls, les médias et les responsables politiques s’intéressant trop aux pôles d’excellence, aux filières directement employables. Cela doit cesser. A l’université comme ailleurs, je n’ai qu’un vœu, qu’un désir, qu’un engagement : le retour de la République.

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