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L’Europe une et indivisible

Transformer l’Europe, son fonctionnement et son idéal demeure un des fils rouges de ma vie politique. Que le fonctionnement de l’Union européenne doive s’approprier les leviers de réduction des inégalités et la volonté de solidarité, je l’ai dit en 2005 en votant pour une Europe sociale ; je l’ai dit il y a deux ans en indiquant que l’objectif de 3% de déficit à tout prix ne pouvait être le nouveau totem européen qui se substituerait à un projet politique; je l’ai écrit en 2013 en publiant un livre, L’Urgence européenne.

Certains esprits avides de mépris des peuples, y compris un ancien président de la République, parlent de « désastre grec », considérant comme une banalité la possibilité de voir la Grèce sortir de la zone euro. Qu’ils se souviennent que la Grèce a tout donné à l’Europe : sa philosophie, sa comédie, sa tragédie, l’olympisme, la démocratie, et même son nom, puisqu’Europe, cette fille du roi de Tyr, fut enlevée par Zeus vers la Crète, vers ce continent à qui elle donna son nom.

La situation budgétaire grecque fera l’objet d’un accord prochain. Quels que soient les moyens et la méthode choisis, l’objectif sera réalisé : un accord entre le gouvernement grec et les institutions européennes sur la stratégie financière et budgétaire de ce merveilleux pays, que tant de Français et d’Européens visitent chaque année, pour leur plaisir ou leur travail.

Quelle Europe voulons-nous ? Voilà la question qu’il faut poser. Un étrange consensus de Bruxelles néglige depuis longtemps les niveaux de vie des peuples pour tendre à la compression de la demande, à la seule compétitivité des gros exportateurs, donc aux bénéfices des grandes banques. Il en résulta, sans surprise, une asphyxie des salaires, de la consommation, une perte de pouvoir d’achat des retraités, une explosion des coûts fixes, une privatisation des équipements de solidarité et la ruine de certaines économies comme la Grèce.

Nous ne pouvons accepter que cette vision restrictive de l’Europe inspire notre avenir. Notre Europe ne peut dire « dehors » à l’un de ses membres, en l’occurrence à la Grèce. Notre Europe ne peut dire « à la mer » à des malheureux migrants, qui sont déjà, quand ils arrivent sur nos côtes, des survivants. Notre Europe ne peut dire « débrouillez-vous » aux jeunes touchés par le chômage. Notre Europe ne peut dire « allez-y tout seuls » à la France quand elle combat le terrorisme au Mali et qu’elle lutte pour la sécurité de notre continent. Notre Europe ne peut être obsédée par les aides d’Etat et par ce qu’elle appelle la concurrence pure et parfaite quand elle devrait réaliser l’harmonisation des techniques médicales ou des complémentarités industrielles ; à défaut, elle prive des millions d’européens du progrès technique médical et de la qualité de nombreux produits et services.

Nous voulons une Europe humaine. Des foules de citoyens la désirent, au Sud comme au Nord, dans la jeunesse comme au sein des travailleurs, des entrepreneurs, des patients, des retraités, des étudiants. L’Europe humaine que j’appelle de mes vœux est une Europe où la baguette de l’Union européenne sert à diriger l’orchestre et pas à taper sur les doigts. Une Europe de l’investissement structurel, et pas une Europe de l’ajustement structurel.

L’Europe doit incarner aux yeux de ses peuples, de son peuple, l’affirmation de valeurs universelles qui ont inspiré sa fondation et convaincu les autres continents de son originalité, de sa valeur et de sa solidité. Une Europe solidaire, c’est une Europe humaine, c’est une Europe qui ne pourra plus mourir.

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