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La vie plus forte que la mort.

La sauvagerie a encore tué. En Isère et à Sousse, en Tunisie, des individus sanguinaires ont délibérément assassiné. Un homme, dont le seul crime était d’être venu au travail, a été décapité en Isère. Trente-sept êtres humains, dont le seul crime était de se trouver par hasard sur une plage de ce lieu de Méditerranée, ont été abattus, sans raison, avec la froide et implacable violence des insensés.

En ce début de week-end, il est possible de se sentir envahi par la stupeur et l’abattement. Ces déchaînements de violence pourraient révéler une furie contemporaine que les tentatives de construction d’un monde meilleur et d’une vie plus juste laisseraient insensibles. Le souvenir des dizaines de vies fauchées par l’ignominie pourrait justifier, bien entendu, des jours de recueillement et de silence.

Toutefois, si la tentation compréhensible de la suspension de la vie gagne nos sociétés, alors, ils gagnent. Si le silence et le découragement demeurent les échos des fracas de mitraille et des vacarmes de haine, alors, ils gagnent. Si les peuples avides de liberté et d’égalité renoncent à éprouver dans la joie créative des moments d’émotion collective, alors, ils gagnent. « Ils », c’est-à-dire les esprits convaincus des charmes d’une apocalypse, qui anéantirait dans le retour des guerres civiles les délicatesses des civilisations, façonnées, ornées et sublimées par les philosophies, les religions, les arts et les Lumières. Ces Lumières qui, contrairement à ce qu’aboie l’extrême droite, ont inspiré des peuples sur tous les continents du monde. Si nous nous taisons, si nous gémissons, si le désespoir nous fragilise et si l’hébétude nous saisit, alors, ils gagnent.

Non, ils ne gagneront pas. Dès aujourd’hui, il faut répondre à l’orchestration de l’effroi par la rage de vivre. Dès aujourd’hui, les Lumières de Paris, de France et de Tunisie doivent briller comme jamais.

Non, ils ne gagneront pas. Aujourd’hui, dans les rues de Paris, des milliers de personnes de toute origine et de toute croyance célèbreront la liberté, à l’appel des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans. Ces foules de couleurs et de mouvements rappelleront à tous les assoiffés de destruction que des plus intenses métissages naissent les plus grandes harmonies. Les Lumières, c’est l’égalité.

Non, ils ne gagneront pas. Aujourd’hui, à l’hippodrome de Longchamp où je me rendrai, à l’appel de l’association Solidarité sida, le festival de musique et d’échanges Solidays rassemblera la jeunesse francilienne autour de dizaines d’artistes, de chanteurs, de musiciens, de philosophes et de penseurs. L’obscurantisme ne passera pas par notre jeunesse, qui sait que l’ignorance enfante les peurs et les violences, et qui y répondra par la plus radicale des pulsions de vie. Les Lumières, c’est la solidarité.

Non, ils ne gagneront pas. Demain, le festival Tropical illuminera les rues de Paris de couleurs et de chants au son du rythme des cultures du monde entier. Au même moment, à la nouvelle Philharmonie, les orchestres Demos rassembleront sur une des plus belles scènes d’Europe des dizaines de jeunes issus des quartiers trop souvent négligés par la culture qui pourront ainsi interpréter les plus belles pages du répertoire. Les Lumières, c’est l’éducation, c’est la tolérance.

La culture des Lumières, c’est avant tout l’enrichissement de l’imaginaire de toute la population, avec sa diversité et son exigence, devant quoi doivent plier les exclusivités, les fanatismes et les soumissions. Nous ne baisserons ni la tête ni les yeux, nous demeurerons vivants, envers et contre tout.

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