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Remise du rapport UNICEF sur la condition des enfants: il n’y a pas d’inégalité juste

Je reçois la Présidente du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) Michèle Barzach à l’occasion de la remise du rapport d’évaluation de l’application de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies (CIDE) dans les politiques publiques françaises. Le rapport de l’Unicef annonce l’audition de la France, en janvier 2016, par les experts du Comité des Droits de l’enfant des Nations Unies.

Ce travail, remarquable et documenté, alerte sur les conditions de vie précaires de nombreux enfants sur le sol de la République. Cette situation est inacceptable.

Le rapport insiste particulièrement sur la pauvreté des enfants. Entre 2008 et 2012, la politique menée, soucieuse des rentes et des patrimoines, a plongé dans la pauvreté 440 000 enfants supplémentaires. 600 000 enfants grandissent encore aujourd’hui dans des environnements délétères (dont 9000 dans des bidonvilles). 3 millions d’enfants (un enfant sur cinq) sont concernés par la pauvreté.

Quand ils grandissent, les enfants sont encore les premières victimes des mécanismes cruels de sélection, puisque 140 000 élèves quittent chaque année le système scolaire sans qualification.

Les mineurs isolés étrangers (MIE) sont un objet d’inquiétude du rapport. Leur nombre est inconnu, peut-être 10 000. Ils sont trop souvent encore exposés aux réseaux de traite des êtres humains.

En ce qui concerne la justice des mineurs, le rapport se plaint de la promesse non tenue d’une réforme en profondeur de la justice pénale, notamment de la suppression abandonnée des tribunaux correctionnels pour mineurs. Cette observation doit être entendue.

L’Unicef est un partenaire irremplaçable pour les décideurs politiques. J’ai pu bénéficier de ses conseils, analyses et propositions lorsque j’étais président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, département qui, à l’issue de nos dialogues et actions communes, est devenu le 20 novembre 2014 collectivité Ami des enfants de l’Unicef.

Que nous dit l’Unicef ? Que nous devons réagir, réagir fort, réagir maintenant.

Les situations dramatiques décrites par l’institution internationale concernent en grande majorité les enfants de notre région Ile-de-France. Notre région capitale attire populations, entreprises et circuits économiques. Mais la mondialisation qui inspire les créations de valeur ne se soucie pas de savoir qui en bénéficie et qui en est exclu. Notre région, pas assez solidaire, sans assez de cohésion, est encore hérissée de barrières immobilières, économiques et culturelles. L’isolement des mineurs en est un exemple déplorable.

Les inégalités ne touchent pas que les forts. Les inégalités plongent dans le désespoir les victimes d’un système qui s’intéresse aux ressources des nations et des régions, et pas à ceux qui les produisent, eux et leurs enfants. Il n’y a pas d’enfant pour les tableaux statistiques de la création de valeur, il n’y a que de la main d’œuvre et, fort heureusement, grâce à la politique progressiste, des lois qui réglementent son exploitation. Agir pour l’égalité, c’est protéger les populations vulnérables, dont, en premier lieu, les enfants.

« Il est beaucoup plus facile pour un philosophe d’expliquer un nouveau concept à un autre philosophe qu’à un enfant. Pourquoi ? Parce que l’enfant pose les vraies questions » écrivait Sartre, dans la presse, en 1971. Les souffrances d’un enfant montrent à la société ses propres insuffisances. Il faut agir.

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