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Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette rejoignent Jean Moulin.

Aujourd’hui, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Jean Zay et Pierre Brossolette entrent au Panthéon. Quand Jean Moulin entrait au temple républicain des Grands Hommes, le ministre de la culture André Malraux s’était écrié : « Aujourd’hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n’avaient pas parlé; ce jour-là, elle était le visage de la France ».

La France était dans les pas de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, lorsque l’occupant nazi obtient leur transfert au camp de Ravensbrück. Elles survivent par miracle. La première consacrera sa vie à la lutte contre la pauvreté en fondant ATD Quart-Monde ; la seconde deviendra une des plus grandes ethnologues de son temps.

La France était dans les yeux de Pierre Brossolette, ce jour de mars 1944, quand il comprend que son rôle héroïque ne peut s’achever que par sa mort volontaire. « Ce qu’ils attendent de nous, ce n’est pas un regret mais un serment. Ce n’est pas un sanglot, mais un élan », avait-il prévenu, pour qualifier la Résistance.

La France était dans le cri « Vive la France ! » de Jean Zay, superbes derniers mots avant son assassinat, dans le dos, par des miliciens français antisémites en juin 1944. En tant que Président de l’Assemblée nationale, j’aurai une pensée particulière, en voyant le brillantissime ministre de l’Education nationale du Front populaire passer le seuil du Panthéon, pour le jeune député d’Orléans qui, à 27 ans, avocat déjà renommé, s’apprêtait à soutenir la jeunesse de France, à vivre l’aventure de 1936, avant de mourir pour la liberté.

Jean Moulin voit donc quatre de ses compagnons de cette épopée historique et humaine l’entourer pour l’éternité. La Résistance fut un mouvement politique et guerrier où l’intelligence et la conscience historique animaient le désir de liberté, ce qui en fait, dans l’histoire des Hommes, un moment si admirable, si magnifique. Plusieurs décennies après l’écrasement du nazisme, il faut jour après jour continuer à construire et à exiger l’exécration publique et universelle de l’antisémitisme, de toutes les formes de racisme et d’intolérance, la reconnaissance juridique du crime contre l’humanité et la généralisation d’institutions contraignant au respect des Droits universels de l’Homme. La conscience de la souffrance de ces femmes et de ces hommes si décisifs dans le long combat pour l’émancipation laisse espérer qu’il existe des sacrifices et des victoires irréversibles.

Héritiers de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Jean Zay et Pierre Brossolette, nous ne pouvons nous contenter de voir ce qui se passe dans le monde, dans notre pays, et de goûter inactifs un repos individualiste et solitaire. L’Histoire nous rattrapera toujours, avec ses souffrances, ses injustices et ses larmes, avec ses joies, ses solidarités et ses conquêtes politiques et sociales. Célébrer la Résistance, c’est n’accepter que ce qui est juste, partout et tout le temps.

Notre faculté de vivre libres est une des plus belles gloires des quatre héros auxquels la République rend aujourd’hui hommage. Soyons dignes de leur héroïsme.

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