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Interview de Claude Bartolone dans « Le Parisien »

Comment avez vous convaincu Jean-Paul Huchon et Marie-Pierre De la Gontrie de vous céder la place aux régionales?

Claude Bartolone. Nous avons eu une discussion politique en confiance, fraternelle. Je leur ai dit : cette campagne j’en meurs d’envie mais il n’est pas question de prendre la place de qui que ce soit si vous êtes en mesure de vous entendre. Le sens de ma candidature c’est d’être à la fois une chance pour la gauche et un atout pour les Franciliens. Quand les miens ont besoin de moi, je ne déserte pas, je vais au combat. C’est même l’histoire de ma vie politique.

Cela a anéanti toute idée de primaires, n’est ce pas frustrant pour les militants?

Les militants veulent avant tout gagner. Pour une présidentielle avec des candidats présentant des projets différents la primaire peut être positive. Beaucoup moins quand des candidats n’ont pas de différences politiques.

Vous coupez aussi l’herbe sous le pied à une femme, Marie-Pierre de la Gontrie. Elle est sacrifiée ?

Personne ne s’est sacrifié : tout le monde s’est rassemblé. Il y aura un travail d’équipe et Marie Pierre y aura une place très importante. Je travaillerai avec elle, comme avec Jean-Paul Huchon ou Benoît Hamon. Rien ne les obligeait à se retirer.

Huchon va-il obtenir une compensation? On a parlé de la présidence du Conseil économique et social…

Ce n’est pas de mon ressort. Il n’y a aucun marchandage. Jean Paul se range à mes côtés car il mesure la nécessité du rassemblement.

Rester président de l’Assemblée et mener campagne soulève les polémiques. C’est cela la République exemplaire ?

La loi sera appliquée et respectée, toute la loi rien que la loi. Je montre aux députés qui m’ont désigné que j’assume ma responsabilité jusqu’à l’élection régionale. Si je suis élu je quitterai mon mandat; si je suis battu je demanderai aux députés PS ce qu’ils veulent que je fasse. En attendant tous les outils de transparence et de contrôle existent à l’Assemblée. Aux dernières régionales, certains ont fait campagne tout en étant ministres – des Universités par exemple  ! Je saurai pratiquer une schizophrénie stricte et rester un président absolument impartial.

Il y a eu une forte poussée de la droite aux départementales. La dynamique est chez Valérie Pécresse  ?

Aucune élection n’est jamais ni gagnée ni perdue d’avance. Il y a une grande réserve dans l’électorat de gauche. Le taux d’abstention, notamment dans les quartiers populaires, est très élevé. Il faut convaincre les électeurs qu’ils ont le choix entre l’extrême droite et ses dangers qui fragmenteraient un peu plus encore la société, les propositions de la droite qui accentuent les inégalités et le projet de la gauche qui travaille à les réduire.

Qu’est ce qui va différencier le projet Bartolone du projet Huchon  ?

Il y aura un trait d’union : c’est le changement dans la continuité, avec les acquis de la gestion de Jean-Paul Huchon. Mais je serai un nouveau président avec une nouvelle équipe pour un nouveau projet. Il y a deux visions de l’Ile-de-France, l’une où on sépare les riches d’un côté, les pauvres de l’autre, les urbains d’un côté, les péri-urbains et ruraux de l’autre, sans aucune communication. Il ne faut pas laisser la main invisible du marché aménager ou plutôt déménager l’Ile-de-France.

Voulez-vous l’union de la gauche dès le premier tour  ?

Nous verrons. Je veux que cette région soit gérée par la gauche et les écologistes rassemblés dans une vision commune de l’avenir de l’Ile-de-France : progrès humain, vitalité économique et transition écologique.

La visite de François Hollande à Fidel Castro, très critiquée par la droite, a dû plaire à vos partenaires de gauche…

Je me demande si la droite n’est pas jalouse de François Hollande. (Rires) Le président réussit là où elle n’a jamais réussi. Sur la vente des rafales, ces rencontres… Quand on sait combien pèse la figure de Fidel Castro sur les pays d’Amérique du Sud, cette rencontre est importante. Ce président arrive à être partout chez lui.

Sauf en France où son impopularité est record…

Aujourd’hui il n’y a pas d’envie, pas plus pour l’ancien président Sarkozy que pour le président Hollande car les résultats ne sont pas encore là. Mais bon nombre d’électeurs de gauche qui s’abstiennent porteront un regard différent si les réformes portent leurs fruits.

Matignon vous n’y pensez plus  ?

Qu’on cesse de me parler de cela. Je suis engagé dans le combat pour l’Ile-de-France. Je veux rendre à cette région qui m’a accueilli tout gamin ce qu’elle a offert au fils d’immigré et de prolétaire que j’étais alors. Je mènerai une campagne énergique, optimiste, jeune, populaire.

Vous dites merci à Jean-Paul Huchon  ?

Je lui ai envoyé ce sms après notre rendez-vous  : « cher Jean-Paul, je crois que nous avons montré à tous notre sens des responsabilités et toi l’attachement à cette région. Tu peux compter sur moi. Je t’embrasse. Barto »

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