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Le 1er mai, ou ne jamais oublier d’où l’on vient

Le socialisme, s’il gouverne, ne doit jamais oublier ses origines. Né de la nécessité pour le travailleur de conquérir sa dignité, il sera toujours indissociable des luttes collectives pour l’amélioration des conditions de travail, partout dans le monde.

Si la France révolutionnaire, par les voix de nos Pères fondateurs Fabre d’Eglantine et Saint-Just, inspira l’idée d’une fête du travail, le 1er mai est une fête internationale. En 1886, les travailleurs américains la consacrèrent autour de la revendication de la journée de huit heures. Le 1er mai 1891, dans le Nord, à Formies, la police tire sur les ouvriers et tue neuf personnes.

Depuis, les socialistes, en accompagnant l’unité des travailleurs et en les portant au pouvoir, tentèrent, avec plus ou moins de bonheur, de faire de l’amélioration des conditions de travail la priorité de leur action sociale.

Aujourd’hui, un 1er mai revendicateur n’a jamais été autant d’actualité. Même en France, un cadre de 35 ans vivra 6 ans et demi de plus qu’un ouvrier. Aux inégalités sociales s’ajoutent les inégalités de genre : 8 travailleurs à temps partiel sont des femmes, les retraites des travailleuses demeurent 30% plus basses que celles des travailleurs et l’augmentation des maladies professionnelles est deux fois plus grande pour les femmes.

Quant au monde, la mondialisation n’est pas heureuse pour tous. Les 80 plus grosses fortunes au monde possèdent autant de richesses que 3,5 milliards d’êtres humains. Toutes les quinze secondes, un travailleur meurt d’un accident ou d’une maladie liés à son travail.

Si la mondialisation s’est faite pour l’instant au détriment de millions de perdants, il est temps d’incarner l’espoir d’une harmonie sociale fondée sur la dignité de tous les travailleurs. L’Union européenne peut agir et donner un signal pour mettre le travail au centre des efforts progressistes. Dans le passé récent, la course au dumping fiscal, à la baisse des normes qualitatives de travail, à la création de contrats précaires a engagé de nombreuses nations d’Europe dans une véritable guerre civile économique européenne. Sous la pression des socialistes, les choses changent à Bruxelles. Hier encore, compétitivité rimait avec flexibilité et précarité ; aujourd’hui, elle devrait davantage signifier investissement et vitalité.

Le grand Jaurès avait déjà qualifié le travail, ce « sombre forgeron », de « vrai dieu de l’histoire ». Travailler, créer, transformer, améliorer les conditions de vie passent par une vision républicaine du travail, porteuse d’égalité, de sobriété et de courage. Les travailleurs font vivre nos nations. Ils rendent possible, par leurs efforts quotidiens, notre bien-être et notre vie collective. Nous, socialistes, nous, France moderne, nous héritons de leur combat. En ce 1er mai, en achetant dans nos rues de France le rituel muguet, prenons l’engagement de ne jamais les décevoir.

 

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