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Les visages du Kenya

7 janvier 2015 : deux forcenés, se revendiquant d’Al-Qaïda du Yémen, massacrent douze personnes dans les murs de la rédaction de Charlie Hebdo, à Paris. Les journalistes Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski, Michel Renaud, la psychanalyste Elsa Cayat, l’économiste Bernard Maris, les policiers Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet, le correcteur Mustapha Ourrad, Frédéric Boisseau, tombent.

8 janvier 2015 : une jeune policière, Clarissa Jean-Philippe, est assassinée à Montrouge.

9 janvier 2015 : vingt personnes sont prises en otage dans un supermarché casher de Paris, et quatre sont assassinées, Yohan Cohen, Philippe Braham, Francois-Michel Saada, Yoav Hattab.

11 janvier 2015 : une marée humaine de plusieurs millions de personnes défile dans les rues de France contre la terreur.

14 février 2015 : à Copenhague, au Danemark, lors d’une conférence sur le thème Art, blasphème et liberté d’expression organisée en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, un assassin ouvre le feu et tue un participant, le réalisateur Finn Nørgaard.

15 février 2015 : le même assassin ouvre le feu devant la Grande Synagogue de Copenhague et tue un citoyen danois juif, Dan Uzan.

18 mars 2015 : dans le musée du Bardo, à Tunis, vingt-deux personnes, visiteurs et salariés tunisiens, sont assassinées, dont quatre Français.

2 avril 2015 : sur le campus universitaire de Garissa, au Kenya, cent quarante-huit personnes, dont cent quarante-deux étudiants, sont assassinées. Le Mouvement de la jeunesse des moudjahidins somaliens, qui se dit lié à Al-Qaida, revendique l’attentat. Les victimes ne sont pas encore identifiées, mais plusieurs noms, et visages, nous sont aujourd’hui connus, comme ceux d’Elizabeth Nyangarora, Solomon Oludo, Dadly Mose, Mary Muchiri Shee, Isaac Kosgey, Lydia Melody Obondi, Erick Ondari Nyabuto, Ruth Esiromo, Doreen Gakii, Tonie Wangu, Jeff Macharia, Tobias.

Depuis le début de l’année 2015, la barbarie a décidé de se faire entendre partout, de frapper constamment, de couvrir les voix paisibles des citoyens du monde d’un fracas d’armes. Une rage de sang habite quelques hordes furieuses, animées d’une soif de tuer tout ce qui voudrait vivre tranquillement. Les cibles sont claires : juifs, chrétiens, journalistes, caricaturistes, policiers, étudiants. La laïcité est condamnée, la liberté de conscience punie de mort. Tout ce qui participe à l’émergence d’une conscience, à la formation de l’intelligence est suspect. Les exécutions sont sommaires, les fusillades générales. A Paris comme à Tunis, à Copenhague comme à Garissa, les gestes du massacre ne sont pas porteurs de justice ou de revendication, les assassins ne lâchant la gâchette de leurs engins de mort qu’en mourant eux-mêmes.

Face à ce défi inédit pour les défenseurs des Lumières et de l’amour entre les peuples, plusieurs réactions doivent être obligatoires et partagées. Face à la terreur, la torpeur n’est pas une possibilité.

Tous les pays du monde doivent coopérer pour affermir leur autorité, pour réaffirmer les valeurs de tolérance, de liberté et d’égalité. Toutes les religions du monde doivent accepter de ne jamais chercher l’hégémonie politique, mais l’accord des consciences, sans lequel toute conquête est vaine.

Tous les pays du monde doivent s’accorder sur le respect et la promotion de valeurs universelles : lutte contre la pauvreté, contre l’ignorance, pour l’école publique, pour les services publics. La détermination de nos nations pour convaincre les peuples que l’égalité et la solidarité sont des objectifs politiques quotidiens triomphera de la sauvagerie.

Ils veulent notre effroi. Répondons par le droit, par la liberté, par la sérénité et l’amélioration du sort des humbles. Alors, les tortionnaires seront désarmés. Alors, la politique retrouvera sa noblesse.

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