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Libération d’Auschwitz-Birkenau

Lorsque l’Armée rouge libère le camp d’Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 1945, elle découvre 7000 survivants, trop faibles pour avoir été entraînés par les débris de l’armée nazie dans un dernier exode vers l’enfer. Aujourd’hui encore, sur le site même du plus grand crime de masse de l’histoire de l’humanité, on peut voir les stigmates de l’horreur et ressentir le poids d’une Histoire qui, jamais, ne passera.

C’est sur ce site, face à l’inscription Arbeit macht frei (le travail rend libre) que le cynisme nazi avait placé à l’entrée de leur camp, que le Président de la République rendra l’hommage de la France aux victimes de la tyrannie.

« Tous les hommes de plus de seize ans descendent du wagon ». Ce cri, lancé par des SS aboyant et agités, valait condamnation à mort pour les prisonniers, qui achevaient ainsi un voyage éprouvant, dans des trains qui étaient des cages, à travers des pays qui étaient des prisons, dans une Europe qui n’était qu’une plaie. Plus d’un million d’hommes, de femmes, d’enfants, de vieillards furent exterminés dans le camp d’Auschwitz. Des êtres humains qui n’avaient d’autre tort que d’être nés, des êtres humains qui avaient cru qu’au cœur même de l’Europe, des siècles de philosophie, d’art et d’industrie donnaient droit à un autre destin qu’une mort affreuse pour rien.

Les mots des survivants du camp, les mots d’Elie Wiesel ou de Simone Veil résonneront encore, et résonneront longtemps pour témoigner de l’abomination. La mémoire ne s’effacera pas quand s’éteindront les derniers survivants du camp, car il est des moments de l’Histoire qu’on ne veut pas revoir mais qu’on ne peut pas oublier. Le 20 janvier 1942, quelques dignitaires nazis se sont réunis à la villa Marlier, à Berlin. Reinhard Heydrich, chef du RSHA, l’Office central de la sécurité du Reich, convoquait une petite conférence, qui restera dans l’Histoire comme la conférence de Wannsee. Il demanda aux participants de réfléchir avec lui à « trouver une solution finale à la question juive ». Une quinzaine de participants, aux noms réprouvés par la postérité, ont discuté des modalités pratiques d’application d’une décision déjà prise par Hitler, Goering et Himmler. Comment cette quinzaine de hauts fonctionnaires purent-ils croire que cette décision pouvait se prendre, comment leur propre conscience pu-t-elle ne pas les foudroyer ?

L’Europe, traversée aujourd’hui par des discours de haine, ne doit pas oublier que l’entreprise méthodique de la mort fut préparée et annoncée par l’effondrement d’un esprit public dont on ôta progressivement toute faculté de résistance. Puisse notre mémoire insuffler à tout instant aux peuples de notre continent la détermination de ne plus jamais supporter sans combattre la remise en cause des droits de l’être humain à vivre et à avoir droit, tout simplement, au bonheur.

La France, pays qui a proclamé les Droits de l’Homme, nation qui a assuré la liberté des cultes, République qui a effectué l’égalité des citoyens, souffre de nouveau de l’antisémitisme. Il y a quelques jours, la barbarie, après avoir assassiné des journalistes libres et des policiers républicains, a abattu des citoyens anonymes, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada, uniquement parce qu’ils étaient juifs. En rendant hommage aux 75000 juifs de France déportés par le régime de Philippe Pétain et de Pierre Laval, la France n’oublie pas qu’elle enterre aussi des victimes contemporaines.

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