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Emprunts toxiques : victoire de la politique sur la finance folle

A peine élu président du Conseil général de Seine-Saint-Denis en 2008, j’ai découvert que 97% de la dette du département contractée par mes prédécesseurs étaient constitués d’emprunts toxiques.  La complexité de ces montages financiers acrobatiques, même aux yeux des gestionnaires les plus experts, voilait leur caractère insoutenable à moyen terme.

Une bataille homérique s’est alors engagée entre les victimes des plus folles dérives de la finance et des banquiers aussi avides qu’imprudents.

Certains taux, farfelus et insolents, montaient jusqu’à 35%. Les collectivités locales étaient victimes de ce qu’on ne peut appeler autrement qu’une escroquerie à échelle nationale. Le scandale montrait également la dangereuse connivence qu’il existe en France entre le monde de la banque et celui de certains hauts fonctionnaires, dont la spéculation concertée révélait une spoliation des plus humbles.

Il n’était pas question pour moi que de telles sommes soient consacrées à l’impéritie d’institutions financières, et pas au pouvoir d’achat et à l’amélioration des conditions de vie de la population de Seine-Saint-Denis.

J’ai assumé en 2008 le dévoilement national de ce scandale, en portant le combat devant la population, les médias et le monde de la finance. Les collectivités locales victimes furent incitées à rejoindre une association créée à cet effet, l’APCET (Acteurs publics contre les emprunts toxiques). Une commission d’enquête parlementaire fut alors créée, dont j’ai assuré la présidence et qui a abouti à un rapport sans concession adoptée à l’unanimité. Par la suite, la justice a condamné des banques.

Une loi fut finalement votée sous la présente majorité pour assister les collectivités locales victimes par le soutien d’un fonds ad hoc. Elles pouvaient désormais espérer négocier la sortie de ces taux avec les banques actuelles dont, principalement, la Société de financement local. Le département de la Seine-Saint-Denis, par exemple, devrait obtenir du fonds de disposer des moyens de lui permettre de conclure les négociations avec la Société de financement local pour que les emprunts toxiques ne deviennent plus une menace pour les services publics des citoyens du département, mais une éloquente page d’histoire de la cupidité d’une finance sans entrave.

Stéphane Troussel, qui m’a succédé à la présidence du Conseil général de Seine-Saint-Denis, peut à juste titre s’enorgueillir aujourd’hui de représenter une résistance inédite aux dérives financières. Les efforts conjugués de tous les acteurs du dossier aboutissent enfin.

Quand élus locaux, parlementaires et gouvernement, animé d’un même souffle de justice et de courage, luttent ensemble, il n’est plus de combat impossible.

La Seine-Saint-Denis, ce département plein de promesses, de modernité et de vitalité, peut désormais, l’esprit plus tranquille, préparer l’avenir car, comme depuis 2008, chaque euro dépensé en Seine-Saint-Denis doit l’être au service de sa population.

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