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Entretien dans le Figaro

Le Figaro publie jeudi 27 novembre une interview que vous pouvez retrouver ci-dessous:

Pourquoi lancer une mission d’information sur les institutions, un sujet qui n’est pas au cœur des préoccupations des Français ?

Claude Bartolone : Bien sûr, nos compatriotes attendent avant tout des réponses sur l’emploi, le logement, l’environnement, la sécurité. Mais ils nous demandent aussi un Etat plus efficace pour mener les grandes politiques publiques. Nous parlons des institutions de la Ve République en les sacralisant, mais on oublie souvent qu’elles ont déjà été changées vingt-quatre fois. Avec l’Europe, la décentralisation, le quinquennat, le non cumul des mandats, la Constitution que nous pratiquons n’est plus la même que celle de 1958. Il est temps de mettre les institutions en cohérence avec le monde dans lequel nous vivons. C’est le sens de la commission que je mets en place aujourd’hui et que j’ai l’honneur de coprésider avec le grand historien Michel Winock.

Pourquoi voulez-vous supprimer le poste de premier ministre ?

Tout procède de l’élection présidentielle. Et pourtant, dès le lendemain de son investiture, le président n’a plus le droit d’avoir de contacts avec sa majorité parlementaire… Supprimer le poste de Premier ministre, c’est clarifier le rapport entre les pouvoirs : un président qui conduit la politique de la Nation et qui rend des comptes devant le Parlement, comme c’est le cas dans toutes les grandes démocraties.

N’y a-t-il pas un paradoxe à vouloir supprimer ce poste alors qu’on cite régulièrement votre nom pour Matignon ?

C’est toujours le piège : si vous faites mal votre travail, on se demande à quoi vous servez. Si vous le faites bien, on se demande à quoi vous pensez… Je fais du mieux possible mon travail. Tout le reste, c’est l’écume des vagues.

Si les élections départementales se passent mal pour la gauche, croyez-vous à une dissolution ?

Une dissolution ne règlerait rien. Surtout dans cette période où l’opposition est traversée par des guerres d’égo et l’extrême droite potentiellement aux portes du pouvoir. Quel que soit le résultat des élections départementales, le président doit continuer à travailler avec sa majorité pour rallumer une espérance. Notre pays a besoin de stabilité et de confiance. Mais il faut ajouter à cette exigence celle de répondre à l’attente de rassemblement de toute la gauche et des écologistes. C’est vital.

Manuel Valls, dont on sait qu’il a des relations difficiles avec Cécile Duflot et la gauche du PS, peut-il répondre à cet impératif du rassemblement de toute la gauche ?

Manuel Valls doit être attentif à cette nécessité absolue.

Thierry Mandon demande l’organisation d’une primaire, ce qui affaiblirait indubitablement François Hollande …

La seule primaire qui vaille, c’est le rassemblement des socialistes, des écologistes et de la gauche pour éviter l’éparpillement des voix au premier tour. La gauche n’a pas vocation à être spectatrice du second tour d’une élection, quelle qu’elle soit. Je souhaite que François Hollande soit en mesure d’être à nouveau candidat et je ne pense pas qu’un président sortant puisse participer à des primaires citoyennes. Ce serait fragiliser nos institutions.

Mais comment François Hollande peut-il être en capacité de se représenter ?

Dans un pays rongé par le pessimisme, le Président doit tout à la fois travailler pour réinstaller l’idée de justice sociale et d’égalité républicaine dans la vie de nos compatriotes – notamment dans les quartiers populaires et les zones rurales déshéritées – et agir pour préparer un avenir qui ne contienne pas que des doutes.

Que pensez-vous des attaques de François de Rugy à l’égard de Bernard Cazeneuve ? 

Je comprends parfaitement que l’on soit traumatisé par la mort d’un jeune au cours d’une manifestation. J’entends aussi la souffrance qu’a pu ressentir le ministre de l’Intérieur qui a fait l’objet d’attaques très dures et très prématurées. Avant de porter un jugement sur l’action des forces de police et de gendarmerie, attendons les résultats de l’enquête. Je souhaite que chacun soit attentif aux mots employés, chez les socialistes comme chez les écologistes.

Que pensez-vous de la date du prochain congrès du PS en juin 2015 ? Pourquoi pas en 2016 ?

C’est le respect des statuts. Et plus on s’approche de l’élection présidentielle, plus le congrès est parasité par cette échéance. Il vaut mieux que les socialistes consacrent leur congrès aux propositions à faire pour reconquérir le cœur et l’esprit de l’électorat de gauche.

Vous plaidez pour une meilleure application des lois. Mais comment mieux légiférer ?

D’abord, en arrêtant de légiférer à 4h du matin et dans l’urgence. Je préfère qu’on légifère moins et que le gouvernement ne nous transmette que des textes qui ont été suffisamment préparés en amont.  Notre but n’est pas de limiter le pouvoir du gouvernement mais de responsabiliser les auteurs de la loi. Si les députés légifèrent moins, ils pourront d’autant mieux assumer leurs missions de contrôle du gouvernement et d’évaluation des politiques publiques. Certains affirment que le fait de limiter l’ouverture de journées supplémentaires pourrait être censuré par le Conseil constitutionnel. Nous verrons bien. Mais ce risque, je l’assume. Car sinon, cela reviendrait à dire qu’on baisse les bras face à la faible qualité de la loi. Je ne m’y résigne pas.

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