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Entretien dans le quotidien ivoirien « Fraternité Matin »

Le journal Fraternité Matin publie un entretien avec Claude Bartolone que vous pouvez lire ci-dessous:

1/ Qu’est-ce qui motive votre visite en Côte d’Ivoire aujourd’hui et quel sens lui donnez-vous ?

Il s’agit de mon premier déplacement en Côte d’Ivoire, et cette visite constitue la première étape d’une tournée africaine qui me conduira ensuite au Tchad puis au Cameroun. Commencer cette tournée ici est apparu comme une évidence, tant la relation franco-ivoirienne est ancienne et profonde, tant les perspectives de renforcement de cette relation sont prometteuses.

En tant que président de l’Assemblée nationale, j’ai trois objectifs. Je viens porter la voix des Français et mettre à l’honneur les populations que nous avons en commun, celles qui, en France (et notamment en Seine Saint-Denis, dont je suis l’élu) et en Côte d’Ivoire, donnent corps à la relation entre nos deux Etats. Je viens porter cette voix à mon homologue et à mes collègues députés ivoiriens, c’est mon deuxième objectif, je veux leur dire combien la France a confiance dans la Côte d’Ivoire et combien elle est fière de compter parmi ses amis un pays aussi riche, par son histoire et par le rôle qu’il joue dans la région. Enfin, et surtout, je veux les écouter, m’expliquer la situation dans ce beau pays et m’exposer, en toute franchise, ce qu’ils pensent de leur relation avec la France. Je veux rentrer à Paris enrichi de plusieurs discours – et qui, mieux que les Parlements, peut refléter cette diversité des avis ?

2/ Peut-on avoir une idée des grandes étapes de votre visite ?

Ma visite commencera, c’est tout naturel, par une séquence à l’Assemblée nationale, au cours de laquelle j’aurai le plaisir de m’entretenir avec mon homologue, M. Guillaume Soro, mais aussi de m’adresser à l’ensemble des députés, quel que soit leur bord politique, car M. Soro m’a fait l’honneur de m’inviter à m’exprimer devant l’hémicycle. Je veux l’en remercier. Ce sera l’occasion pour moi d’exprimer la confiance que j’ai dans la Côte d’Ivoire et de rappeler l’amitié et le soutien de la France.

Malheureusement, vous le savez mieux que moi, à l’issue de la crise post-électorale, une partie de l’opposition a choisi de boycotter les législatives, et n’est donc pas représentée au Parlement. J’ai toutefois souhaité les rencontrer, pour les écouter, mais aussi pour leur dire ma conviction que le Parlement doit être partout le lieu privilégié du débat politique national.

En tant que Président d’une Assemblée qui représente désormais (c’est très récent) les Français de l’étranger, je veux aussi aller à leur rencontre. Ils sont ici particulièrement nombreux et dynamiques, et jouent un rôle primordial pour la relation entre nos deux pays, dans tous les domaines, au service de la France et dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire.

Enfin, mon déplacement se terminera par une visite au centre de traitement contre Ebola du CHU de Yopougon. La Côte d’Ivoire, qui n’est pas touchée mais proche des principaux pays touchés, a élaboré, par anticipation, un dispositif de lutte ambitieux, et la France est le partenaire qui lui apporte l’aide la plus importante dans ce cadre.

3/ Est-il prévu des signatures d’accords entre l’Assemblée nationale de la République française et celle de la Côte d’Ivoire ? Lesquels ?

Oui. L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et l’Assemblée nationale française signeront un Protocole d’accord, qui formalisera une coopération ancienne et déjà forte entre nos institutions. J’insiste, parce que c’est souvent méconnu : la diplomatie parlementaire ne consiste pas seulement en des entretiens, des échanges de vues sur les bonnes pratiques ou les situations de nos pays ; elle a, comme la diplomatie des exécutifs, un large volet de coopération technique.

Le principe qui nous anime, c’est la foi dans le fait que la démocratie ne peut pas se faire sans les Parlements, que la démocratisation passe nécessairement par eux, parce que la force de la démocratie réside dans le débat contradictoire et les contre-pouvoirs.

4/ Quels sont les rapports que vous entretenez avec le président de
l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et l’institution qu’il dirige ?

Les relations entre nos deux Assemblées sont très bonnes. Nous n’avons d’ailleurs pas attendu la signature du Protocole d’accord pour bâtir une coopération solide. J’ai déjà reçu son président, M. Guillaume Soro à Paris, et nous avons donc déjà eu l’occasion de faire le point sur notre coopération. Car, en réalité, l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire est déjà le premier partenaire en Afrique de l’Assemblée nationale française. Ce protocole ne fera que formaliser notre coopération, pour lui donner des chances de se renforcer toujours davantage.

5/ Quel regard portez-vous sur l’évolution de la Côte d’Ivoire de 2011 à 2014 ?

Je suis admiratif du chemin parcouru. Ma visite intervient trois ans après une crise post-électorale particulièrement violente mais aussi, et plus globalement, après plusieurs années d’instabilité, dont cinq années d’une guerre civile tragique. Or, la Côte d’Ivoire est déjà de retour, sur la voie du développement, de la démocratie, de la réconciliation. La reprise économique a été fulgurante. Tous les partenaires de la Côte d’Ivoire s’accordent à dire que le pays et sa population font preuve d’un dynamisme et d’un courage remarquables. Je suis heureux que vous me posiez cette question, parce que c’est avant tout ce que je suis venu dire à nos amis ivoiriens : la confiance en l’avenir, l’admiration du peuple français pour le peuple ivoirien, la certitude qu’avec l’aide de ses partenaires, la Côte d’Ivoire peut constituer un modèle et une référence pour le continent, comme elle l’a déjà fait dans le passé.

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