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Maintenant, ça suffit

Avons-nous seulement conscience, nous socialistes, de la brutalité des formules que nous nous jetons à la figure, ces temps-ci ? A quoi jouons-nous exactement ?

Ici, nous serions des passéistes, sommés de changer le nom du Parti socialiste – quelle étrange idée. Là, notre politique menacerait la République – rien de moins.

Je n’établis pas d’échelle de Richter entre les mots qui blessent la gauche. Il est simplement temps de dire stop.

Le monde est effervescent. Nos forces sont engagées sur des terrains extérieurs, en lutte contre le terrorisme. L’Europe est évanescente. Elle n’en finit pas de s’enliser dans la gestionnite aigue. La France est convalescente. Elle se relève doucement, et de trop nombreux Français souffrent encore.

Et nous, alors que nos compatriotes nous ont confié les rênes du pays, nous nous ferions, par nos comportements individuels, les fossoyeurs du quinquennat ?

Alors, maintenant, ça suffit.

Ça suffit, d’amplifier artificiellement nos différences. J’ai beau retourner les propositions des uns et des autres dans tous les sens, nous sommes d’accord sur l’essentiel. Je mets au défi quiconque de me convaincre qu’il y a un schisme entre nous.

Ça suffit, ces délits de faciès et ce procès lancinant en « social-traitrise » lorsque nous menons la politique qui doit être conduite dans l’intérêt du pays. Vous trouvez que nos 50 milliards d’économies – indispensables – sont de droite ? Essayez donc les 120 milliards de l’UMP, vous verrez…

Ça suffit, ce petit jeu des soi-disant modernes contre les soi-disant archaïques. Je ne connais d’ailleurs pas de discours plus daté que celui qui se prévaut du talisman de la modernité.

Ça suffit, de stigmatiser les frondeurs. Et puis ça suffit, de les nommer comme cela. Au groupe socialiste de l’Assemblée nationale, je ne connais que des députés socialistes qui défendent des propositions politiques.

Que chacun garde ses nerfs et braque les yeux vers le pays, ses habitants, leurs attentes, leurs doutes, leurs espérances. Ayons, chacun à notre place, le sens de l’Etat.

Les Français, eux, n’ont pas de temps à perdre. Ni en Seine-Saint-Denis, ni dans le Gers, je ne vois les foules s’enthousiasmer devant nos petites chicaneries. Les Français ne nous parlent pas de notre futur congrès. Et pour cause. Ils nous parlent de leur emploi, de leur logement, de leur santé, de leur sécurité, de l’école de leurs enfants.

Je veux être parfaitement clair sur le sens du mandat qui nous a été confié par nos compatriotes.

Le premier temps du quinquennat était vital pour le pays. Que cela plaise ou non, il a fallu réparer, et je ne regrette ni le CICE, ni la trajectoire de lutte contre les déficits, ni le pacte de responsabilité et de solidarité. Sans cela, nous aurions commis une faute historique : celle de faire de la France un musée à ciel ouvert que les populations des pays émergents viendraient visiter en mémoire de la grandeur de la France. C’est cela, gouverner. C’est cela, être patriote. C’est préférer l’intérêt supérieur du pays au petit clapotis des sondages. Quel qu’en soit le prix. Et c’est le choix qui a été fait par le Président de la République.

La seconde moitié du quinquennat doit maintenant correspondre à une nouvelle étape. Plus offensive sur la question sociale. Plus ardente sur le terrain écologique. Plus combative sur la scène européenne pour que l’Europe ne fasse pas simplement rêver avec des promesses d’investissements tandis qu’elle fait désespérer par la souffrance sociale. Sans tout cela, nous ne serions que les petits comptables de l’Histoire de la gauche française.

Cette nouvelle étape, elle ne peut être portée simplement par une poignée d’hommes et de femmes. L’urgence est d’élargir notre base majoritaire en renouant avec la majorité présidentielle qui a soutenu François Hollande.

N’en déplaise aux fameux modernes, François Mitterrand nous le disait mieux que personne. Commençons par rassembler les socialistes. Il y a du chemin à parcourir. Chacun doit en faire la moitié et consentir à la sacro-sainte loi de la gestion majoritaire : d’abord il y a le débat ; ensuite se forge le compromis ; enfin vient l’unité. Si nous ne le faisons pas, nous échouerons et rendrons les clés de la République. A qui, d’ailleurs ?

Rassemblons ensuite la gauche socialiste, écologiste, communiste, radicale et citoyenne. Je promets que c’est possible, dès lors que nous privilégions la dynamique de projet.

Il sera temps après cela de rassembler tous les Français qui souhaitent se retrousser les manches pour faire advenir ce beau projet populaire de République sociale et écologique.

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