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Interview dans le Parisien

Claude Bartolone répond à la rédaction du Parisien dans un entretien que vous pouvez retrouver ci-dessous:

Dans son livre « Je ne me tairai plus » (Flammarion), Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, propose un changement des institutions, notamment la suppression du poste de Premier ministre. Cependant, il ne veut pas entendre parler de dissolution.


La Commission de Bruxelles envisagerait de retoquer le prochain budget de la France, qui ne ferait pas assez d’économies. Qu’en pensez-vous ?

J’espère que la Commission ne commettra pas cette erreur, ce serait un mauvais coup porté avant tout à l’Europe.

Néanmoins, la France doit respecter ses engagements…
Cet engagement a été pris dans un temps très différent. Aujourd’hui, ce ne sont pas les déficits qui sont le premier risque pour l’Europe, c’est la déflation. Or la France est en résistance contre une croissance molle, et l’Europe doit y participer. Comment imaginer nous demander un effort supplémentaire au moment où les chiffres de la croissance ne sont pas au beau fixe pour 2015. Quel intérêt y aurait-il à avoir un budget qui accélère les risques de déflation ?

La chancelière Angela Merkel insiste aussi pour le respect des engagements budgétaires. Que lui répondez-vous ?
J’ai parlé à un moment donné de confrontation. Ce n’est pas un gros mot. La confrontation politique avec les droites européennes est nécessaire, aujourd’hui encore, pour pouvoir aboutir à un compromis. La France et le président de la République doivent organiser la résistance à cette marche de l’Europe vers la déflation !

A l’intérieur, Hollande et Valls doivent toujours affronter une majorité frondeuse
Je n’aime pas cette expression de frondeurs. Au groupe socialiste, je ne connais que des députés socialistes. Franchement, j’ai connu des moments où le PS était vraiment divisé, où il y avait deux politiques en présence, par exemple lors du débat sur le franc fort avec Bérégovoy. Mais, aujourd’hui, ce n’est pas le cas, il n’y a pas deux lignes, personne ne met en cause l’idée qu’il faille reconstruire notre appareil de production, permettre la montée en gamme de nos entreprises. Il y a un débat sur où mettre le curseur, sur ce qui doit aller aux entreprises et ce qui doit aller aux ménages. Oui, il y a des débats, mais jamais le PS lorsqu’il a été au pouvoir n’a été aussi peu divisé !

Pour le gouvernement, est-il un problème ou un atout ?
C’est un atout, il est indispensable dans la phase de préparation dans laquelle nous sommes rentrés. Nous devons fédérer des sensibilités différentes. Il y a le temps du débat, le temps du compromis et le temps de l’unité.

Pourtant, on a le sentiment d’une crise politique permanente. On parle même de dissolution ?
Je ne crois pas un seul instant ni à la crise politique ni à la dissolution. L’idée est même en train de reculer, car on voit dans quel état est l’opposition. Le chemin de roses qu’attendait M. Sarkozy pour son retour est plutôt parsemé de cactus et je n’ai pas l’impression que le programme de l’opposition soit clair et précis, tant en matière sociétale qu’économique. J’attends toujours de savoir comment ils comptent faire 100 Mds€ d’économies quand on voit déjà la difficulté à en réaliser 50.

La dissolution ne serait pas une bonne occasion de rebattre les cartes ?
Rien ne serait pire que rajouter de la crise à la crise.

Diriez-vous comme Martine Aubry que le quinquennat est encore sauvable malgré des erreurs ?
Si nous devions collectivement nous faire un reproche, je dirais qu’après le rapport Migaud (NDLR : président de la Cour des comptes), il fallait dire aux Français quel était l’état réel du pays, ses 600 Mds€ de dette et son niveau de déficit. On a loupé une marche. Bien entendu qu’il est encore sauvable ! Après avoir réparé le pays, il faut maintenant préparer l’avenir avec comme priorités l’amélioration de la vie des Français, le combat écologique, les avancées sociétales et la réforme institutionnelle, tout en préservant notre modèle social. Je mets en place à l’Assemblée une mission qui va réfléchir à la réforme des institutions. Aujourd’hui, avec le quinquennat, le président doit être responsable devant un Parlement indissoluble, aux députés moins nombreux et dans lequel il faut introduire de la proportionnelle. Après, c’est au président de la République de s’en saisir. J’espère qu’à droite comme à gauche des voix s’y associeront.

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