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Interview dans le Figaro

LE FIGARO.-En arrivant en 2012, vous vouliez remettre l’Assemblée au cœur du pouvoir. Quels progrès ont été accomplis dans ce domaine ?

Claude Bartolone : J’ai voulu commencer par améliorer l’image de l’Assemblée pour renforcer sa parole. Nous avons réformé comme jamais : économies budgétaires, contrôle de la Cour des comptes, baisse de l’indemnité de représentation des députés, régulation des lobbys, réforme de la réserve parlementaire…  J’ai souhaité aussi que l’Assemblée soit mieux armée pour contrôler le gouvernement et évaluer l’efficacité des lois pour qu’elles agissent au plus près des attentes de nos compatriotes. C’est dans cet esprit que nous avons mis en place une mission pour évaluer les emplois d’avenir ou encore le crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice). Nous préparons l’Assemblée du non-cumul des mandats, plus transparente et plus efficace.

Quel message voulez-vous faire passer aux « frondeurs » du PS ?

Ce ne sont pas des frondeurs. Ce sont des députés qui défendent des propositions politiques. Moi, le débat ne me fait pas peur. Sur un certain nombre de questions, il est même nécessaire. Et puis, ce n’est pas comme si deux politiques s’opposaient frontalement, bloc contre bloc ! Chacun reconnaît la nécessité de faire des économies. Chacun accepte l’idée que pour protéger notre modèle social, il faut renforcer la compétitivité de nos entreprises. Le débat porte sur l’endroit où placer le curseur. Après, se pose la question de savoir où veulent aller ceux qui défendent leurs propres amendements. Je dis attention, aucun député n’est prophète en sa circonscription. Avec les affaires qui touchent l’UMP et la menace que représente l’extrême droite, nous ne pouvons pas affaiblir l’exécutif. La majorité doit installer dans le pays un climat de stabilité et de confiance.

De quelle manière ?

Le groupe socialiste doit être le lieu de la régulation du débat pour rendre les compromis possibles. C’est grâce à cela que nous pourrons trouver le chemin du rassemblement. Je fais le pari de l’intelligence. Les députés PS sont responsables et ils n’oublient pas que leur élection est liée à celle du président de la République. On ne doit donc manier ni la menace ni l’anathème. Je ne peux pas imaginer qu’au moment du vote sur le collectif budgétaire, il y ait un doute sur la volonté du groupe PS d’apporter son soutien à la politique voulue par le président de la République et le premier ministre.

La réforme territoriale sera-t-elle adoptée à l’Assemblée ?

Je ne pense pas qu’il y ait de problèmes sur la carte des 14 régions. Le débat se passera bien à l’Assemblée. Il y aura plus de difficultés sur le volet concernant les départements. J’ai moi-même évolué. Je pense qu’il faut que les départements disparaissent dans les territoires où il y a des métropoles. Mais je conçois parfaitement que dans des zones rurales où il n’y pas de métropole, il puisse y avoir un département garant d’un aménagement équilibré.

Vous avez proposé un groupe de travail sur le contrôle du financement des groupes parlementaires…

Oui, et cette idée a été acceptée à l’unanimité au bureau de l’Assemblée. Je veux que nous avancions encore dans le domaine de la transparence. Pas un seul euro d’argent public ne doit échapper au contrôle. Chacun doit savoir exactement comment est utilisée la dotation allouée aux groupes politiques. Le groupe PS est constitué en association avec un président, un trésorier, un commissaire aux comptes. Il faut que les autres groupes en fassent autant. Des propositions seront faites avant la trêve estivale.

Que pensez-vous du tandem François Hollande-Manuel Valls ?

Je pense que la machine a été rééquilibrée. Le PS a de nouveau un numéro de téléphone. Jean-Christophe Cambadélis fait un travail remarquable pour recoudre les fils au sein de la gauche et des écologistes. Il y a un meilleur partage des tâches entre le président de la République et son premier ministre. Et je crois qu’il y a un nouvel équilibre entre le gouvernement et le Parlement. Il y a eu un vrai progrès dans le fonctionnement des différents rouages de l’Etat. Il y a moins de couacs gouvernementaux, il y a plus d’échanges. Et la volonté de Manuel Valls de discuter dans la sérénité et le respect avec le groupe PS est appréciée par tous les députés et permet de fluidifier le débat.

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