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La question n’est pas le casting, mais le scénario

Ne tournons pas autour du pot, ce soir est un soir de défaite électorale.

Je regarde ces femmes et ces hommes de gauche qui ne sont pas venus voter. Ces travailleurs, ces salariés, ces jeunes, ces Français issus de l’immigration, ces habitants des quartiers populaires et des campagnes en déshérence…

C’est le cœur de la gauche qui a adressé un message de défiance à la majorité, et a ainsi balayé des équipes municipales qui avaient pourtant de bons bilans. Cela, au profit de partis de droite et d’extrême-droite, qui réclament, au plan national, toujours moins de services publics et toujours plus de sacrifices aux plus humbles.

Ce soir, ce n’est pas la manifestation d’un désir conservateur ou libéral. Le message des Français, il s’adresse à nous et rien qu’à nous : ils nous disent « changez ! »

Je me suis déplacé aux quatre coins de l’hexagone durant cette campagne. Quand vous leur parlez, les Français expriment une chose très simple : « Nous avons fait des efforts, et nous ne voyons pas la souffrance sociale reculer ».

Car dans la vie réelle, il y a bien 3 347 700 chômeurs dans le pays. Dans la vie réelle, il y a bien 113 669 personnes en situation d’expulsion de leur logement. Dans la vie réelle, il y a bien 62 200 faillites d’entreprises sur la seule année 2013.

Il faut dès demain 8h, tirer très sérieusement les enseignements de cette défaite électorale.

La question n’est pas le casting mais le scénario. Qu’on le veuille ou non, nous sommes entrés ce soir, contraints et forcés, dans une nouvelle exigence du quinquennat.

Les Français nous ont élus pour les défendre, les protéger. Pour qualifier leur vie, leurs maux.

Nous luttons contre les déficits et nous engageons le pacte de responsabilité. C’est utile au vu de l’état dans lequel nous avons trouvé le pays. Mais jamais ce ne sera suffisant.

Entendre le message des 23 et 30 mars, c’est choisir d’adosser au pacte de responsabilité un solide pacte de cohésion sociale qui réponde aux difficultés concrètes que connait le peuple.

Nous devons figurer le rassemblement, la synthèse de ceux qui croient en la nécessité de moderniser le pays, de reconstruire la compétitivité de nos entreprises, tout en ne lâchant rien du legs du Conseil national de la résistance en termes de protection sociale.

Dès demain aussi, il nous faut rénover notre discours européen. L’Europe fouettarde, l’Europe des règles, l’Europe des disciplines, ça suffit.

Moi, j’aime l’Europe. J’aime aussi la France ! Nous devons nous présenter devant Bruxelles et défendre bec et ongles une nouvelle donne européenne, c’est-à-dire de nouvelles protections des travailleurs et de nouveaux investissements européens.

Enfin, la transition énergétique. C’est à la fois une valeur de la gauche et un instrument de croissance pour ce siècle. Nous devons engager notre révolution verte.

Le message clair, limpide, que nous ont adressé les Français, et singulièrement le peuple de Gauche, nous serions bien inspirés de l’entendre. Car les électeurs sont tenaces… Lorsqu’ils vous disent une chose et que vous feignez de ne pas l’entendre, eh bien ils répètent plus fort.

Ne nous mettons pas dans cette situation au mois de mai pour les européennes, l’année prochaine pour les régionales, et en 2017 pour la présidentielle.

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