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Entretien avec Le Figaro

Claude Bartolone a donné une interview au Figaro que nous vous proposons de retrouver ci-dessous:

Le Figaro : Le premier ministre a remis en selle jeudi matin le projet de loi famille, qu’il avait enterré lundi. Où est la cohérence ?

Claude Bartolone : Sur la question de la famille, nous avons l’obligation de gagner les cœurs et les consciences. La manière dont a été retiré un texte qui n’était pas encore écrit pour éviter un sujet qu’il ne contenait pas, à savoir la PMA, au nom d’amendements qui ne pouvaient pas être déposés… tout cela fait un peu désordre. Le monde change et notre modèle familial évolue. Il faut le reconnaitre, l’accepter, l’accompagner, en veillant bien à ne pas être dédaigneux à l’égard de ceux qui ont manifesté au nom de la défense de valeurs traditionnelles. Il nous faut répondre aux préoccupations des familles monoparentales, qui sont la plupart du temps des femmes seules avec des enfants, aux besoins des grands-parents, des beaux-parents, répondre aussi aux enjeux qui relèvent de la protection de l’enfance.

Faut-il persévérer sur ce texte manifestement clivant ?

Il y a une attente. La société a besoin de nouveaux droits permettant de répondre aux nouvelles façons de « faire famille ». Il faut réussir à pacifier la société française pour montrer qu’il n’est pas question de détruire la structure familiale mais de reconnaitre toutes les familles.

Et en ce qui concerne la PMA ?

Même si la PMA n’est pas contenue dans le texte qui est proposé, la démocratie française a le droit de discuter de tout. Je souhaite que nous nous référions à l’engagement du président de la République, c’est-à-dire que ce thème soit abordé après que le Comité national d’éthique ait exprimé sa position, qui devrait être connue au printemps 2015.

Cinquante milliards d’économies à réaliser, est-ce faisable ?

Il faut sortir du simple exercice comptable pour redonner du sens à ces efforts. Nous sommes entrés dans un nouveau monde. Nous devons conjuguer notre modèle de solidarité avec la conquête d’une nouvelle compétitivité pour permettre à chacun de nos compatriotes de trouver sa place. A nous de promouvoir quelques idées claires. L’entreprise est un bien commun, qui permet de produire de la richesse nationale et de parvenir à un partage plus équitable entre le capital, le travail, l’investissement et la recherche. Les entreprises françaises ont des marges qui se sont trop dégradées ces dix dernières années. Un seul exemple : la France compte 35 000 machines à commande numérique, l’Italie 65 000, l’Allemagne 135 000. Nous ne pouvons pas être une sous-puissance industrielle. La question qui nous est posée à travers le « pacte de responsabilité » est de maintenir la place et le rang de la France. Nous sommes la cinquième puissance économique du monde, la deuxième puissance maritime et la première puissance agricole européenne. L’effort à faire pour renforcer nos entreprises, leur permettre de monter en gamme, tout en préservant notre contrat social, c’est le sens du « pacte de responsabilité ».

Dans quels secteurs faut-il faire des économies ?

Déterminons d’abord ce qu’il n’est pas question de sacrifier, en particulier notre modèle de protection sociale. Mais là aussi des efforts peuvent être faits comme l’a souligné un récent rapport de la Cour des Comptes. Dans certains pays du Nord, on dépense moins pour faire mieux. C’est une piste. En période d’argent public rare, il faut être capable de rationaliser nos dépenses : un euro dépensé, un euro utile.

François Hollande réunit samedi les ministres concernés.

Nous avons régulièrement des rapports issus de grandes institutions de la République qui démontrent que l’on peut avoir autant de résultats en dépensant moins. Utilisons-les !

Y a t il un décalage par rapport au discours du Bourget du candidat Hollande ?

Non je ne crois pas. Le président n’a jamais annoncé un chemin pavé de roses pendant la campagne. Il a même dit très tôt qu’il y aurait des efforts à faire. Nous avons collectivement manqué un rendez-vous et n’avons pas assez dit à nos compatriotes ce qu’était l’état du pays quand nous sommes arrivés aux responsabilités.

Craignez vous un recul de la gauche aux élections municipales ?

Depuis que je suis député, je n’ai jamais connu une élection municipale qui soit favorable au pouvoir en place. Jamais. Et la plupart du temps, c’est par la démobilisation des électeurs. Je suis persuadé que dans de très nombreuses villes, les réalisations des équipes sortantes sont reconnues par la population. Mais il ne faudrait pas qu’une partie de nos électeurs boude les urnes parce qu’ils ne conçoivent pas la substance de notre politique. Notre responsabilité, c’est de mieux préciser le sens et les objectifs que nous nous fixons pour mobiliser les électeurs.

Vous-même vous serez sur la liste au Pré Saint Gervais, dans le but de pouvoir présider en 2016 le Grand Paris ?

Pour pouvoir participer à cette grande aventure de la métropole du Grand Paris, il faut être élu municipal. J’ai fait le choix du Pré Saint Gervais par fidélité à cette ville qui m’a accueilli. Pour en finir avec les inégalités territoriales et améliorer la vie des habitants, nous devons construire une « métropole monde ». Aujourd’hui, ce n’est plus les Hauts-de-Seine contre la Seine-Saint-Denis, c’est la métropole du Grand-Paris face à Shanghai, Londres ou Berlin. La métropole du Grand-Paris ne doit être ni de droite ni de gauche, elle est une ambition nationale, elle est au service des habitants de la petite couronne, mais aussi de l’Ile-de-France et de tout le pays. Il faut la construire sur des bases qui pourraient être acceptées même en cas d’alternance politique. En son temps, François Mitterrand parlait de la France unie. Je suis partisan de la métropole unie.

Seriez vous prêt à quitter le perchoir pour présider le Grand Paris ?

Chaque chose en son temps, ne brûlons pas les étapes. Ma conviction, c’est que le Grand Paris ne peut être qu’un job à plein temps qui mérite le mandat unique. Si un jour je devais être appelé à porter ce projet, bien sûr, j’abandonnerais tous mes autres mandats dès janvier 2016.

Cette envie de diriger la métropole est-elle compatible avec votre autre envie d’aller à Matignon ?

Ce sont des temps différents. On ne fait pas campagne pour être premier ministre, c’est le choix du seul président de la République. Je prends votre question comme un compliment. Si je fais partie de la « short list », c’est que j’ai réussi, comme président de l’Assemblée nationale, à rendre cette maison plus transparente, plus active, plus présente, à concilier loyauté à ma famille politique et respect de l’opposition. Je prends cela comme une reconnaissance plus que comme l’expression d’une ambition.

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