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« Oui à la suppression des départements de la petite couronne »

Dans une interview accordée et publiée ce soir au Monde, Claude Bartolone revient sur l’annonce de la suppression des départements de la petite couronne parisienne.

Etes-vous favorable à la suppression des trois départements de la petite couronne parisienne ?

Oui, depuis de nombreuses années. Et nous n’étions pas nombreux à l’époque ! Autant le niveau départemental est pertinent en milieu rural – pour assurer la solidarité, faire des routes, aider les communes, participer à l’économie locale –, autant je crois que le périmètre départemental au sein d’une métropole perd de son sens.

Pour quelle raison ?

Je suis instruit par l’expérience. J’ai été président du département de la Seine-Saint-Denis. Quel que soit l’investissement corps et âme des élus et des agents publics, quelle que soit aussi la qualité des politiques menées, j’ai vu combien l’échelon départemental est devenu inadapté aux enjeux de ce que l’on appelle la « zone dense » : éducation, transports, services publics. Ces dernières années, des initiatives ont été prises pour obtenir une répartition plus équitable des richesses entre les départements de la petite couronne. Cette démarche a montré ses limites. J’ai alors compris qu’il fallait renverser la table et bâtir un territoire solide et solidaire.

Selon quel calendrier ?

Je souhaite que l’on se donne le temps du rassemblement et le temps du respect. La suppression d’un niveau de collectivité ne doit pas se faire d’un simple coup de menton. Il faut un énorme travail de pédagogie pour convaincre que nous avons tout à y gagner. Des conservatismes se mettent en mouvement, c’est humain. A nous d’y répondre par l’intérêt général. Et je dois vous dire ma fierté que l’Assemblée nationale, en votant la création des métropoles, se soit montrée aussi avant-gardiste. A chaque grande étape de l’évolution de notre organisation territoriale, l’Assemblée nationale a su prendre ses responsabilités. Les lois Defferre ont été un grand pas au XXe sicèle, la révolution métropolitaine sera le pas de géant du XXIe siècle.

Imaginez-vous qu’ils soient intégrés à la métropole du Grand Paris ou qu’ils fusionnent en un seul et même département ?

Le sens de l’histoire, c’est la fusion en une seule collectivité. Mais chaque chose en son temps. Ce dont il s’agit, c’est de faire « métropole commune ». Le Grand Paris, ce n’est pas un Meccano institutionnel : c’est un projet de société. Cette métropole, elle concernera directement la vie des habitants de la petite couronne et des Franciliens, mais, au-delà, elle devra appartenir à tous les Français. Le Grand Paris, ce n’est pas la mise en concurrence des quatre départements qui le composent ou la compétition avec les collectivités voisines. Nos concurrents, c’est Londres, Berlin, Madrid ! C’est New York, Shanghaï ! Le Grand Paris, c’est une part de la « politique de génération » que j’appelle de mes vœux. C’est l’attractivité dans la solidarité, c’est la mixité sociale et l’ambition environnementale.

S’ils sont intégrés à la métropole, ne faudra-t-il pas élire les conseillers métropolitains ou départementaux au suffrage universel direct ?

Procédons pas à pas. Mais je crois que c’est inéluctable si l’on veut que nos compatriotes s’approprient « leur » métropole.

Faut-il selon vous supprimer le référendum obligatoire aujourd’hui pour permettre la fusion des collectivités locales entre elles ?

La loi permet un référendum, mais elle ne l’impose pas. Là où il y a un consensus, on doit pouvoir avancer rapidement. Le Rhône et la métropole de Lyon nous montrent la voie. Le référendum peut permettre d’arbitrer lorsque des visions très différentes s’affrontent. Mais il faut tenir compte des échéances électorales et éviter que des arrière-pensées politiques ne viennent parasiter le débat. Tout doit être entrepris pour que le choix de « faire métropole » soit un choix commun.

Le référendum n’est-il pas le verrou qui empêche toute évolution institutionnelle, comme l’ont montré les exemples alsacienet corse par le passé ?

Ce n’est pas une fatalité. C’est à nous de convaincre les habitants que derrière la question territoriale, c’est un projet de vie qui se dessine. Les Français n’en ont jamais été aussi convaincus.

Propos recueillis par Béatrice Jérôme.

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