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L’Hémicycle: la Bartolone’s touch

L’Hémicycle me consacre une interview dans sa dernière édition que je vous propose de lire ci-dessous:

> Entretien avec le président de l’Assemblée, Claude Bartolone.

Quel sens voulez-vous donner à votre présidence ?

Je suis le président qui doit préparer l’Assemblée nationale à l’application du non-cumul des mandats. Cette révolution de la vie politique peut être une chance pour notre démocratie. Mais elle doit être préparée et non subie. Il ne suffit pas de voter un projet de loi. Cette réforme majeure implique un nouvel équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif, qui passe nécessairement par un renforcement des activités de contrôle et d’évaluation exercées par l’Assemblée nationale.

C’est dans cette perspective que j’ai proposé la création d’une mission exceptionnelle, composée à la fois de parlementaires et de constitutionnalistes. Elle sera chargée de proposer des mesures concrètes sur l’évolution du Parlement. Je note d’ailleurs les récentes déclarations du président de la République devant le Conseil constitutionnel, où il lie directement l’application du non-cumul à la question du renforcement des droits du Parlement.

Depuis un an, quelle est votre plus grande réussite ?

D’abord, d’avoir réussi à garder le cap que je m’étais fixé : « ni populisme, ni immobilisme ». Je m’étais engagé à faire de l’Assemblée une institution plus transparente, plus exemplaire et plus ouverte. En un an, nous avons décidé le gel de notre budget, la publicité de l’usage de la réserve parlementaire, la certification de nos comptes par la Cour des comptes, la réduction des frais de mandat des députés, la mise en place d’une nouvelle réglementation pour les représentants d’intérêts…

Cette politique des petits pas est en train de changer le visage de notre Assemblée, sans jamais céder à l’antiparlementarisme. D’autres réformes viendront.

Nous avons également ouvert nos portes aux partenaires sociaux, aux entrepreneurs, aux représentants des territoires, aux think tank de toutes sensibilités et aux associations. Je me réjouis de voir l’Assemblée si vivante !

Enfin, je pense contribuer, en tant que président de l’Assemblée nationale, à faire vivre la démocratie tout en veillant au respect des droits de l’opposition.

La question européenne semble également vous tenir particulièrement à cœur…

Oui je suis un amoureux de l’Europe. Et l’avenir de la France passe nécessairement par l’Europe. Mais pas par cette Europe du consensus de Bruxelles. Cette Europe qui nous parle uniquement sanctions et concurrence, discipline et ordolibéralisme. L’avenir de la France, il passe par une Europe plus proche de nos concitoyens. Une Europe plus démocratique, où les parlements nationaux sont mieux associés à la prise de décisions. Une Europe de projets, capable de tirer son épingle du jeu de la mondialisation. Une Europe qui prépare l’avenir en investissant dans les infrastructures et la transition écologique. Dans quelques semaines, au travers d’un essai intitulé L’Urgence européenne, j’aurai l’occasion de formuler de nombreuses propositions.

Certains vous reprochent de jouer aussi votre carte personnelle, que leur répondez-vous ?

Qu’après cinq ans d’hyperprésidence, ils sont en train de redécouvrir ce que veut dire le principe de séparation des pouvoirs. Pour le reste, je les invite à se plonger dans l’histoire de mes prédécesseurs. Je ne crois pas que Laurent Fabius manquait de loyauté lorsqu’il regrettait en 1988 que la politique du Premier ministre ne soit « pas reliée à un projet ambitieux et vaste ». Je ne crois pas que Philippe Séguin manquait de loyauté, lorsqu’il déclarait en 1993, à propos de la politique de l’emploi du gouvernement, que nous vivions « un véritable Munich social ». Ils occupaient simplement la place qui était la leur, avec loyauté mais aussi indépendance. Le Parlement doit être le lieu qui permet à la volonté politique de ne pas disparaître sous la raison bureaucratique.

Propos recueillis par P.T.

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