Your message has been sent, you will be contacted soon
Site de Claude Bartolone

Call Me Now!

Fermer

Journées parlementaires du groupe SRC


Retrouvez mon discours prononcé ce mardi 24 septembre à l’occasion des Journées parlementaires du groupe socialiste, républicain et citoyen.

Interview sur lepoint.fr

Propos recueillis par Charlotte Chaffanjon

lepoint

Le Point.fr : Les Français ne croient pas à la pause fiscale promise par le gouvernement. Une telle promesse est-elle judicieuse ?

Claude Bartolone : J’aurais préféré que les débats de la rentrée portent sur d’autres thèmes. Nous aurions pu expliquer que cette

rentrée scolaire était la meilleure depuis dix ans. La preuve, il n’y a eu aucune grande manifestation. Nous aurions aussi pu insister sur le rebond de croissance de 0,5 % au deuxième trimestre, surtout quand on sait que c’est la consommation des ménages qui l’a rendu possible. On aurait encore pu parler du début d’inversion de la courbe du chômage des jeunes, de la mobilisation générale en faveur de l’emploi, de notre attachement au régime de retraites par répartition, de notre volonté de préserver le pouvoir d’achat des catégories populaires et des classes moyennes… Bref, cette rentrée aurait dû nous permettre de démontrer aux Français que ça bouge et que les premières décisions de François Hollande commencent à porter leurs fruits…

C’est pourtant le gouvernement qui a lancé le débat fiscal, notamment quand Pierre Moscovici a dit qu’il était « sensible au ras-le-bol fiscal des Français »…

À la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse, à la mi-août, j’avais prévenu en disant que rien ne serait pire que d’appliquer aux Français la triple lame : cotisations, taxes, impôts. Or, ce qui s’est passé en cette rentrée est pire ! Nous avons fait des zigzags sur la question fiscale. Nous avons donné l’impression que « impôt » était un gros mot, plutôt que d’expliquer en quoi la fiscalité est indispensable pour faire vivre la solidarité, les services publics, la transition énergétique et les investissements d’avenir… Nous devrions plutôt parler du « juste impôt », nécessaire à la reconstruction du pays. Cela nous éviterait de tomber dans le piège de la droite, qui cherche à cacher ses impasses idéologiques et stratégiques par la dénonciation de la politique fiscale.

Les journées parlementaires sont marquées par le débat sur la pause fiscale, mais aussi par la pétition de députés PS pour plus de pouvoir d’achat pour les classes populaires et moyennes. Avec ce climat, craignez-vous pour les élections municipales de 2014 ?

Nous devons être attentifs à une chose : il n’y a pas une élection locale qui puisse totalement échapper au climat politique national. Il faut donc faire de cette année une année très politique. Expliquons pourquoi nous avons demandé des efforts justes, pourquoi nous avons mis en place les réformes et pourquoi ces réformes doivent nous conduire à améliorer la situation des Français, mais surtout à changer le pays !

Le projet de loi sur le non-cumul des mandats est en ce moment débattu au Parlement. Les sénateurs socialistes sont très réfractaires. Quelle est votre position ?

Ce que je sais, c’est que les députés socialistes y sont favorables ! L’engagement de François Hollande sera tenu, et l’Assemblée nationale votera cette grande loi du quinquennat. Le non-cumul des mandats est une perspective inéluctable. Si le poids des élus qui cumulent avait permis d’équilibrer les pouvoirs entre le législatif et l’exécutif, ça se saurait. Par ailleurs, il n’est pas question qu’il puisse y avoir une différence de traitement entre les sénateurs et les députés. Je ne voterai pas une loi qui instaurerait une différence entre les deux chambres sur le cumul.

En avril dernier, vous avez plaidé pour une confrontation avec l’Allemagne. Êtes-vous toujours dans la même logique après la réélection d’Angela Merkel ?

Je persiste et je signe. Plus que jamais, la confrontation avec les conservateurs européens est nécessaire. Ce vieux modèle montre ses limites dans toute l’Europe. Les pays soumis à la rigueur sont confrontés à trop de difficultés. Ça ne peut pas continuer. Il faut un couple franco-allemand, non pas boiteux et dominateur, comme l’était le couple Sarkozy-Merkel, mais équilibré et donnant envie. Si Mme Merkel peut gouverner en Allemagne avec le SPD, alors elle peut s’accorder avec François Hollande pour faire avancer l’Europe dans le bon sens. L’Allemagne est obnubilée par le fait qu’elle va vieillir, contrairement à la France qui veut donner une chance à sa jeunesse. Donc l’Allemagne veut protéger la rente pour payer ses retraites, quand la France veut provoquer la croissance pour investir dans l’école, la formation et l’emploi. La seule façon d’avancer avec deux intérêts aussi divergents, c’est le gouvernement économique commun que François Hollande appelle de ses voeux.

logo_jdd_frInterview pour le jdd.fr

INTERVIEW – En marge des journées parlementaires du PS qui se tenait lundi et mardi à Bordeaux, Claude Bartolone a répondu aux questions du JDD.fr. Le président de l’Assemblée nationale met en garde les députés de la majorité contre les initiatives individuelles : « On ne peut pas connaître la position des uns et des autres en ouvrant le journal le matin. »

La cour d’appel de Bordeaux a validé l’ensemble de la procédure judiciaire dans l’affaire Bettencourt. Nicolas Sarkozy reste donc mis en examen…

Je reste conforme à l’attitude de la majorité vis-à-vis de la justice depuis l’élection de François Hollande. Je prends acte et je ne commente pas. C’est une question de fonctionnement des institutions. Nicolas Sarkozy a voulu mettre à genoux la justice. On se souvient de ce qu’il s’est passé avec le procureur de Nanterre. Il a voulu contrôler la justice. Or, dans un Etat de droit, si l’on s’amuse à ce genre de petits jeux, on menace les valeurs de la République.

Vous avez déclaré mardi matin que la rentrée parlementaire aurait pu être meilleure. Visiez-vous les initiatives des députés contestataires, comme ceux de la Gauche populaire?

C’est plus large que cela. Il y a eu cette focalisation sur la question fiscale qui, par certains côtés, dénaturait le sens même de l’impôt. Et puis, il y a eu une précipitation à vouloir trop parler technique. Il faut le reconnaître : nous avons demandé un effort juste aux Français parce qu’il fallait tenir compte de la situation dont nous avons hérité. C’est pour cela que j’ai souhaité m’adresser aux parlementaires, en leur disant : « Nous avons une responsabilité. » On ne peut pas dire que le pays a besoin de stabilité et de confiance sans être nous-mêmes porteurs de sérénité.

Les initiatives de la Gauche populaire et d’autres députés brouillent-elles, selon vous, le message de la majorité?

Ce ne sont pas les premiers qui ont signé des pétitions. Il y en a eu de toutes sensibilités. Mais je ne pense pas que ça puisse être un mode de communication entre nous. On ne peut pas connaître la position des uns et des autres en ouvrant le journal le matin. Il faut que l’on redonne du sens au débat collectif. Et on ne peut pas opposer l’idée de pouvoir d’achat à l’idée d’emploi.

Vous avez dit mardi matin : « La gestionnite aigüe, ça suffit. » Est-ce une manière de dire que le gouvernement a mal communiqué sur « la pause fiscale »?

Je ne pense pas que ce soit uniquement au niveau du gouvernement. Ce serait simple si on pouvait trouver un fautif. C’est une faute partagée. Collectivement, on est trop tombés dans la manie de commenter sans être en mesure de dire la raison qui nous amène à prendre telle ou telle décision. Sur l’impôt, c’est quand même beaucoup plus facile de dire aux Français qu’on a hérité de 600 milliards d’euros de dette. Si on continue à cumuler ces dettes, c’est de la souffrance différée pour les générations à venir. Et c’est une menace pour l’indépendance de notre pays.

Mardi matin, vous avez évoqué les « zigzags » qui accréditent la thèse du matraquage fiscal…

Si nous avions eu un discours collectif sur l’impôt, nous aurions pu être plus facilement compris par les Français. Ce n’est pas une question d’explication mais de cohérence. Il n’y a pas de salut individuel. Il nous faut de la cohérence pour appliquer notre politique et raconter les raisons qui nous amènent à voter ces textes de lois. Les Français ont voté pour nous à la fois par rejet de Nicolas Sarkozy et par choix d’un projet de société. Et à chaque fois, il faut que l’on revienne à cela.

Anne Hidalgo a évoqué les « messages contradictoires » du gouvernement sur la fiscalité. Redoutez-vous que d’autres candidats aux municipales prennent leur distance avec le gouvernement à l’approche des élections?

Je ne pense pas. Il va y avoir dans les jours qui viennent une stabilisation de notre discours. Je pense qu’Anne Hidalgo réagit aux changements de pieds, et elle a raison. Quand il y a des positions différentes, il faut revenir au message qui est celui du président de la République. Il a dit « pause fiscale en 2014 », c’est « pause fiscale en 2014 ».

Caroline Vigoureux, à Bordeaux (Gironde) – leJDD.fr

Étiquettes: