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Moi, mon caractère doux et ma retraite de préfet…

Voilà des mois que circule sur Internet un ragot, tout droit sorti des poubelles du populisme, annonçant que je bénéficierais d’une « retraite de Préfet ».

Dans un premier temps, je n’ai pas voulu y répondre, ni même y prêter attention, laissant cette fausse information à l’endroit qu’elle mérite, c’est-à-dire dans le caniveau.

Mais Internet n’étant pas qu’un outil fabuleux, j’ai vu ce ragot se répandre, être repris sur des blogs populistes, puis sur d’autres qui le sont moins, jusqu’à apparaître dans un journal de la presse quotidienne régionale…

Mon caractère doux, pondéré, et mon goût immodéré pour la vocation de défouloir, ayant leurs limites, je souhaite procéder à la mise au point suivante.

Non, je ne touche pas et je n’ai jamais touché de « retraite de Préfet ». Et pour cause : je n’ai jamais été Préfet. Je n’ai donc jamais été « réintégré dans le corps préfectoral » par un décret du Président de la République.

Tout étudiant en première année de droit, comme tout journaliste sérieux, pourrait d’ailleurs indiquer, qu’en application de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’Etat, un tel décret de nomination ou de mise à la retraite, doit obligatoirement faire l’objet d’une publication au Journal officiel.

Une simple recherche sur le site Internet de Légifrance – qui, pour le coup, fait d’Internet un outil fabuleux – permet à tout-un-chacun de constater qu’un tel décret n’existe pas et que cette information est, en conséquence, parfaitement fausse.

Depuis quelques semaines, je dépose systématiquement plainte pour diffamation lorsque cette rumeur est propagée. C’est triste à dire. A faire, aussi. Mais pas autant que de laisser prospérer les populismes de tous poils qui ne seront rassasiés qu’au moment où les élus – c’est-à-dire la démocratie – seront à genoux.

Ce ne sont tout de même pas des blogueurs anonymes, terrés dans leur chambre, rideaux fermés, qui vont se mettre à donner des leçons de transparence aux élus du Peuple ! Depuis mes propositions de septembre dernier, les députés ont accepté de geler le budget de l’Assemblée, de faire entrer la Cour des comptes en son sein, de réduire leur indemnité de frais de mandat, d’égaliser et de rendre publique l’utilisation de la réserve parlementaire. Et les voilà même qui s’apprêtent à voter une loi qui fera de la France l’une des démocraties les plus en pointe d’Europe en termes de transparence et de contrôle !

J’assume ma ligne et je n’entends pas en dévier : projeter l’Assemblée nationale dans la modernité en renforçant sa transparence et son exemplarité ; protéger l’honneur, la dignité et la vie privée des élus du Peuple.

Voilà à mon sens la meilleure manière de mettre les populistes à la retraite. Et sans décret.

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