Your message has been sent, you will be contacted soon
Site de Claude Bartolone

Call Me Now!

Fermer

Le président de l'Assemblée nationale veut renforcer l'influence du Palais Bourbon

Vous trouverez ci-dessous un article publié dans Le Figaro:

Tous les chemins mènent à l’hôtel de Lassay. Depuis son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, le 26 juin 2012, Claude Bartolone veut «ouvrir les portes et les fenêtres» du Palais Bourbon et multiplie les occasions de rencontres avec les partenaires sociaux, les entreprises, les associations, les chercheurs et, bien sûr, les députés.

Mercredi soir, le député de Seine-Saint-Denis a animé un dîner-débat prestigieux sur l’égalité professionnelle, à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Tout le gratin du patronat avait répondu présent, à commencer par Laurence Parisot, la présidente du Medef, qui lui a rendu un hommage appuyé, Christophe de Margerie (Total), Jean-François Roubaud (CGPME), Henri Giscard d’Estaing (Club Méditerranée), Mercedes Erra (Havas Worldwide) ou Georges Plassat (Carrefour). Cent cinquante personnes triées sur le volet, dont la célèbre anthropologue Françoise Héritier, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, des syndicalistes et directrices des ressources humaines ont devisé pendant quatre heures sur «les inégalités, vécues comme une violence économique» faite aux femmes, selon la formule de Catherine Coutelle, la présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale.

«Nous sommes en train de changer de monde»

«Ici, les dirigeants peuvent faire passer des messages sans contrainte de calendrier, sans avoir à signer un accord à la sortie. Eux aussi n’ont plus de temps à perdre. Cinq ans, c’est le bout du monde», explique Claude Bartolone pour lequel la période actuelle est décisive: «Nous sommes en train de changer de monde. Il n’y a pas de mode d’emploi tout fait. Il faut que tous ceux qui préparent ce nouveau monde se rencontrent sans pression.»

Claude Bartolone, devenu sur le plan institutionnel le quatrième personnage de l’État, a le contact facile, un grand sens tactique, et il est à l’affût de tout ce qui peut rapprocher le Parlement du monde économique. Il a reçu toutes les associations d’élus, pour que l’Assemblée revienne dans le jeu sur tous les textes qui concernent les collectivités locales. Il a organisé en décembre une journée «Alerte rouge sur la construction de logements», parrainé la remise de trophées aux «éco-maires», ouvert un débat sur la transition énergétique avec le jeune think-tank Cartes sur tables, créé dans le sillage de l’élection présidentielle de 2012, ou encore reçu pour la première fois, le 18 février, les élèves des grandes écoles de la fonction publique (dont l’ENA). À 61 ans, le député de Seine-Saint-Denis veut aussi «préparer la génération à venir» et a pris sous son aile le «club des 40» plus jeunes députés socialistes de la cuvée 2012, qui ont dîné le 30 octobre avec Laurence Parisot.

Claude Bartolone déjeune, chaque mardi et mercredi, avec des députés de chacun des groupes, et il effectue régulièrement des déplacements en province (une vingtaine depuis son élection). Il ira prochainement dans le Limousin, sur le «made in France», puis à Carcassonne. Il s’est rendu en février à Lyon à l’invitation du sénateur maire PS Gérard Collomb sur son projet d’Eurométropole, avant d’assister à un match de foot au stade Gerland.

«Une maison extraordinaire»

Le président de l’Assemblée nationale, qui a reçu l’icône birmane Aung San Suu Kyi au lendemain de son élection, a eu plus de 40 entretiens diplomatiques à Lassay, notamment avec l’ancien président brésilien Lula, puis son successeur, Dilma Rousseff. Il a effectué sept déplacements, à Berlin (pour le cinquantième anniversaire du traité de l’Élysée), à Madrid ou à Washington pour le sommet des présidents de Parlements du G8. Il part samedi pour l’Algérie dans le cadre de la grande commission interparlementaire France-Algérie, et il rencontrera lundi le président Abdelaziz Bouteflika. Avant une visite au Sénégal.

Un emploi du temps digne de celui d’un premier ministre, ce qui le fait sourire. Rêve-t-il de Matignon, comme le disent certains? «J’ai dit à Jean-Marc Ayrault: “Je suis avec toi. Il n’y aura jamais de petit jeu pour la lutte des places. On ne gagnera que collectivement.” À l’Assemblée, on ne ressent aucune frustration. C’est une maison extraordinaire. Ce qui fait le choix d’un premier ministre, c’est la situation politique et le choix du président de la République», explique Claude Bartolone, qui ajoute: «Vous avez beau sauter comme un cabri. C’est une question qui ne peut pas se poser.» Que d’autres se la posent à sa place l’«amuse». «J’ai trop d’heures de vol pour ne pas voir ce qui se passe. Je suis conscient que l’Assemblée n’est pas un chemin direct vers Matignon. Mais les liens que j’ai avec François Hollande rehaussent l’institution. Je finirai ma vie politique en scandant son nom…»

«Respecter le dialogue social»

Désireux de renforcer les pouvoirs du Parlement, Claude Bartolone n’en juge pas moins que le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi, transcrivant l’accord du 11 janvier entre partenaires sociaux sur le marché du travail, doit être «respecté» par les députés. Le texte sera débattu du 2 au 5 avril à l’Assemblée. «Le noyau du texte doit être préservé. Nous devons être attentifs au débat social. Si on devait réduire en miettes l’accord, ce serait un encouragement à ce qu’il n’y ait plus de négociation.» Le président de l’Assemblée met donc en garde les députés de l’aile gauche du PS qui estiment que le texte fait la part trop belle au patronat et veulent donc l’amender. «La démocratie sociale est beaucoup plus faible en France qu’en Allemagne. Il ne faut pas la disqualifier. Le taux de syndicalisation est également faible dans notre pays. On ne doit pas laisser entendre aux partenaires sociaux que leur travail ne compte pas.» Considérant que la fin du cumul des mandats est «inéluctable», le président de l’Assemblée nationale va engager deux chantiers: il veut accroître le pouvoir d’évaluation et de contrôle des députés et renforcer les liens de l’Assemblée avec la Cour des comptes.

Étiquettes: