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Colloque sur la transition énergétique

Le mercredi 20 février 2013, j’ai accueilli à l’Hôtel de Lassay le colloque « Génération Transition énergétique » organisé par le think tank Cartes sur table. Durant cette soirée de débats sur la transition énergétique, trois propositions ont été formulées par les membres du groupe de réflexion : la création d’un réseau de distribution européen, un pilotage régional des interventions adossé à la BPI et la généralisation des règles locales pour la production décentralisée.

 Mon discours lors de ce colloque:

Colloque « génération Transition énergétique »
Avec le think tank Cartes sur table
Hôtel de Lassay 20 février 2013

Mesdames et Messieurs,

Je vous souhaite la bienvenue à l’Hôtel de Lassay.

Je l’ai dit au jour de mon investiture, je n’en varie pas, je veux faire de l’Assemblée nationale une maison ouverte sur le monde qui l’entoure. Comme le prouve notre rencontre de ce soir sur la transition énergétique, il ne s’agit pas que de mots, mais déjà d’une réalité. Et dans ce projet, l’hôtel de Lassay occupe une place particulière.

Je souhaite que les forces vives de la nation, les acteurs économiques comme politiques, les partenaires sociaux, les citoyens, les militants, puissent y trouver un lieu d’expression et d’échanges. Je veux y voir vivre le débat démocratique.

Je veux que les projets qui font bouger notre société, qui influencent notre vie quotidienne et notre économie soient exposés ici, le plus souvent possible.

Il est un grand chantier qui nous intéresse tous, que nous soyons riches ou pauvres, jeunes ou plus âgés, élus, dirigeants d’entreprises ou simples citoyens, c’est celui de la transition énergétique.

Un grand débat national a été lancé à l’automne dernier, pour déterminer quels sont les chemins possibles vers cette évolution majeure de notre société contemporaine. Je suis heureux d’y prendre part aujourd’hui, et d’y engager la représentation nationale, avec cette soirée de débat.

Autour de nous, tous les pays d’Europe sont engagés dans une réflexion similaire, et notamment l’Allemagne avec qui nous avons le devoir de nous entendre pour faire avancer l’Europe, et qui a convenu il y a peu d’ouvrir avec la France un office franco-allemand des énergies renouvelables.

Le président Obama lui-même, une fois n’est pas coutume, a montré la semaine dernière lors de son discours sur l’état de l’Union, toute sa volonté de faire évoluer le mix énergétique américain vers plus de responsabilité environnementale.

J’aime à le répéter, nous entrons dans une nouvelle ère.

Les nouvelles technologies, la prise de conscience écologique, les nouveaux modes de production et de consommation, la diffusion planétaire de l’information, nous projettent dans un monde nouveau.

La raréfaction des ressources, et surtout les connaissances que nous avons aujourd’hui des limites de notre système, nous obligent à le penser autrement.

Notre modèle économique hérité de la révolution industrielle doit profondément se transformer, tout comme doit évoluer la décision publique.

C’est la condition de survie de notre modèle social, et pour nous le seul moyen de retrouver le chemin de la croissance, par un développement soutenable, solidaire, et durable.

Car notre priorité, aujourd’hui, est de stimuler l’emploi. Mais il ne s’agit pas pour autant de renoncer au progrès, ou d’empêcher les pays émergents d’y accéder à leur tour.

La croissance verte est une croissance économique qui, à long terme, utilise moins ou mieux la ressource énergétique et les matières premières non renouvelables. C’est à la fois un guide et un levier pour développer de nouvelles activités. Nous ne pourrons pas nous contenter de « verdir » l’économie. Il faut tracer une voie qui engage l’ensemble de la machine productive française et européenne dans une transformation de ses exigences sociales et environnementales.

Il est utile, pour développer de nouvelles filières, pour accélérer la recherche, que les pouvoirs publics contribuent au développement économique et à la création d’emplois.

La banque publique d’investissement aura notamment cette vocation. Il est indispensable également que la fiscalité, qui est le principal et le plus puissant levier d’action de l’Etat, soit mise au service du développement durable.

Pour cela, il faut donner de la visibilité et engager les réformes structurelles, qui permettront aux forces vives de ce pays de se diriger et de se projeter dans ce monde nouveau.

***

Prenons l’énergie. C’est une exigence majeure pour notre société, comme pour notre économie, que de se projeter dans la société post-carbone. Dès aujourd’hui.

Puisque j’ai l’occasion d’évoquer les enjeux de ce grand débat national sur l’énergie, je voudrais insister sur l’importance d’associer les mesures de long terme et de court terme.

Nous devrons être armés, dès l’issue de ce débat, et avant même les réformes législatives les plus ambitieuses :

– d’une politique tarifaire incitative pour les formes d’énergies durables, qui n’oublie pas de préserver nos industries dans la compétition mondiale,

– d’un plan ambitieux – et opérationnel ! – de rénovation des bâtiments, qui engage nos entreprises, nos PME, nos artisans, dans une dynamique d’activité nouvelle et vertueuse

– d’une politique volontariste d’évolution de nos modes de transport, par l’évaluation systématique des effets sur l’environnement de la mobilité

– d’un rapport nouveau à notre consommation, grâce aux outils modernes de gestion de l’information, et aux équipements innovants

– de la reconnaissance de ce que nous appelons aujourd’hui des déchets, ou des rejets, comme des valeurs et ressources essentielles pour assurer notre confort à l’avenir.

Nous voulons préserver les générations futures d’un choc social et environnemental, mais elles sont déjà nées, ces générations de l’après. Elles nous poussent déjà vers la remise en cause de certains fondements de nos sociétés occidentales. Elles nous poussent ici en France et en Europe mais aussi en Inde, au Brésil, en Afrique, en Chine…

C’est pour cette raison que je suis très heureux ce soir d’accueillir à l’hôtel de Lassay un jeune cercle de réflexion, le think tank « Cartes sur tables », dont je salue la fondatrice Agathe Cagé, qui est à l’origine de cette manifestation.

Je suis très heureux d’avoir l’occasion d’encourager de telles initiatives, en l’occurrence la création en 2012 d’un groupe de réflexion rassemblant une nouvelle génération de jeunes professionnels engagés pour contribuer au changement et le faire vivre dans la durée.

Car avec Cartes sur Table, tout est affaire de génération.

Vous aimez à dire que le changement est en vous, dans les gènes d’une France qui n’a pas connu les trente glorieuses, qui est née sur une planète déjà consciente des menaces qui pèsent sur elle.

Vous placez votre responsabilité citoyenne, et un engagement courageux, dans cette revendication : nous sommes déjà le monde d’après. Et c’est pourquoi vous avez choisi de nommer notre débat de ce soir : « génération transition énergétique ».

Vous nous exposerez dans quelques instants les trois propositions que vous souhaitez formuler pour mettre en œuvre la transition énergétique en France, en la fondant sur une nouvelle répartition des rôles et des pouvoirs.

Autour de vous ce soir, pour pimenter un peu le débat, et confronter les « âges », nous avons réuni quelques éminents spécialistes de l’énergie et de la cause environnementale.

Parties prenantes, au plus haut niveau, du débat national, Laurence Tubiana, Bruno Rebelle, Nicolas Garnier, et Patrice Geoffron, vont réagir à vos propositions, et les replacer dans le contexte politique, social, et économique qui est le nôtre.

C’est un honneur pour moi de vous réunir ici ce soir.

Devant les défis qui s’imposent à nous, ne décrétons pas la guerre des générations, je vous engage au contraire à rechercher les mesures et les projets qui nous rassemblent, qui peuvent faire consensus, au bénéfice de la collectivité nationale, ici représentée.

Il me reste à vous souhaiter un riche débat, une soirée animée et constructive. *** Je vous remercie.

 

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