Your message has been sent, you will be contacted soon
Site de Claude Bartolone

Call Me Now!

Fermer

Mariage pour tous : Claude Bartolone aux manettes

Je vous propos de lire cet article publié sur le blog « Chambres à part » tenu par Hélène Bekmezian et Patrick Roger, journalistes au Monde.

Un coup d’œil à gauche, un coup d’œil à droite, le manche du petit marteau en bois toujours en main, prêt à tomber à chaque dérapage, à chaque dépassement du temps de parole ; du haut de son perchoir, monsieur le président Claude Bartolone veille.

Présider une séance n’est déjà pas un art facile – loin de là – mais présider une séance sur un texte aussi délicat que le « mariage pour tous » et sur lequel l’opposition a décidé de batailler ferme est tout sauf une promenade de santé. C’est une des raisons pour laquelle, avant même les débats qui ont commencé mardi 29 janvier, l’élu de Seine-Saint-Denis avait déjà prévenu qu’il présiderait lui-même le plus possible (six vice-présidents peuvent également diriger les débats, quatre de la majorité et deux de l’opposition).

De fait, à une exception près, M. Bartolone a présidé l’intégralité des séance depuis mardi – une trentaine d’heures au total – gendarme imperturbable de la bonne tenue des débats. De ses « allons, allons… », « s’il vous plaît, s’il vous plaîîît » prononcés avec sa pointe d’accent pied noir, M. Bartolone, tel un surveillant de cour d’école, tente de canaliser les uns, de réfréner les autres – « c’est un moment important, ça mérite un peu de calme ! »

Si un rappel au règlement demandé par l’opposition – et accordé – n’en est pas réellement un, le couperet tombe : « M. Le Fur c’est un détournement de la procédure, ce n’est pas un rappel au règlement, je vous retire la parole ». Et le président de couper le micro aussi sec, laissant l’orateur parler sans son, tel un acteur de cinéma muet. Avant de donner la parole au suivant, il avertit, l’index levé et le regard par en-dessous : « M. Darmanin, pour un rappel au règlement, vous m’en avez promis un vrai ! »

« CLAUDE NE VEUT PAS ÊTRE VIOLENT »

Quand surgit un incident de séance lié à un tweet, il soupire : « Pour l’instant, et heureusement, la charge de la présidence c’est de veiller aux travaux dans l’Hémicycle. A l’extérieur, vous me demandez beaucoup ». Quand les ministres présents en séance sont pris à partie, notamment traité de « ministres godillots » par Christian Jacob, président du groupe UMP qui n’a pas réussi à avoir de réponse de la ministre de la santé, Marisol Touraine, sur la PMA – elle avait dit qu’elle y était « personnellement favorable » – c’est lui qui monte au créneau. « Je vous rappelle que c’est aux ministres de choisir quand ils veulent prendre la parole… »

Dans la lignée du choix du gouvernement et de la majorité qui ont décidé de ne pas limiter les débats sur ce texte – pas de procédure accélérée, pas de « temps programmé » -, le président Bartolone se retrouve donc à jouer perpétuellement les équilibristes : laisser du temps de parole à parfois plusieurs orateurs de l’opposition pour un même amendement, mais pas trop ; donner le micro pour des rappels au règlement mais ne pas hésiter à le couper si nécessaire ; accorder les suspensions de séances, mais sans que cela ne devienne une habitude… « Depuis le début de l’examen, il y a eu 17 suspensions de séance.. », a-t-il ainsi regretté dans la matinée. Et 127 rappels au règlements, selon le porte-parole du groupe PS, Thierry Mandon.

« Claude [Bartolone] ne veut pas être violent… il ne veut pas museler l’opposition », commente Jean-Jacques Urvoas (PS, Finistère). Et ce même en dehors de l’Hémicycle puisque, pour le dîner de samedi soir, M. Bartolone a convié tous les députés présents et les fonctionnaires qui les assistent à un repas « républicain », dans sa résidence officielle de l’Hôtel de Lassay.

Pour sa part, M. Urvoas n’aurait lui pas dit non à une présidence un peu plus « violente » afin d’en terminer le plus vite possible. « Si nous étions allé jusqu’au vote sur l’article 1 hier [vendredi soir], nous aurions fait en 45 minutes ce que nous avons fait en trois heures ce matin… ».

Étiquettes: