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Interview dans le Dauphiné Libéré

Les mesures pour relancer la compétitivité sont-elles suffisamment fortes ?

« C’est un ballon d’oxygène incroyable avec 20 milliards d’euros pour l’industrie. C’est la première fois depuis dix ans qu’enfin, on va finir avec cette pente mortifère : la part de l’industrie est passée de 18 % en 2000 à 12,5 % en 2011. Il faut maintenant défendre l’idée du “donnant-donnant” et bien veiller à ce qui doit revenir aux salariés en matière d’emploi et de pouvoir d’achat. »

Face à une perspective de croissance faible en 2013, la règle des 3 % du déficit est-elle tenable ?

« J’ai été renforcé par les déclarations de la commission européenne d’hier (jeudi, ndlr). L’Europe ne peut pas continuer à demander les mêmes efforts de réduction des déficits en temps de croissance qu’en temps de crise. Elle commence à le comprendre, et c’est tant mieux. Nous serons surtout jugés sur les réformes engagées pour enfin réduire ce déficit qui n’a cessé d’augmenter ces dix dernières années. L’essentiel, c’est d’être sur une tendance de baisse des déficits. Le gouvernement a pris des positions courageuses en ce sens. »

Pour montrer l’exemple, incitez-vous les députés socialistes à ne plus cumuler, dès maintenant, les mandats ?

« Déjà, j’ai voulu moi-même donner l’exemple en démissionnant de la présidence du conseil général de Seine-Saint-Denis dès que j’ai été élu président de l’Assemblée nationale. La fin du cumul est une perspective inévitable, et il faut que la loi soit votée le plus rapidement possible. Tous les députés doivent dès maintenant prendre leurs dispositions pour anticiper cette réforme en vue des prochaines échéances, notamment les élections municipales en 2014. »

Faut-il supprimer l’indemnité représentative de frais de mandat des députés ?

« J’ai annoncé une baisse de 10% de cette indemnité pour tous les députés. Et je me suis moi-même appliqué une réduction de 30% de ma propre indemnité. Je veux que les parlementaires fassent des efforts au moment où on en réclame aux Français. Et des contrôles internes sur l’IRFM seront exercés. Mais la démocratie a un coût. Si l’on veut permettre aux parlementaires d’être indépendants, d’être bien armés pour résister au monde des lobbies, il faut qu’ils aient les moyens d’exercer librement leurs missions. Sinon, dans les années qui viennent, ce ne seront que les fortunés qui, comme du temps de la royauté, pourront exercer ces mandats. »

Quel jugement portez-vous sur les six premiers mois du gouvernement ?

« Le gouvernement et le Président de la République ont su faire face à une situation qui exigeait des réponses exemplaires : agir tout de suite pour le pouvoir d’achat, l’emploi, les retraites et l’école, et dans le même temps réorienter l’Europe vers la croissance, instaurer le dialogue social et lancer le pacte de compétitivité. Les couacs ont toujours existé dans tous les gouvernements. Et, pour celui-là, je lui accorde l’excuse d’avoir hérité d’une situation très dégradée dans une période de crise qui s’est aggravée. »

Qu’attendez-vous du Président de la République qui va tenir, mardi, sa première conférence de presse ?

« L’important est d’expliquer à chacun de nos compatriotes le sens de l’effort qui leur est réclamé. Le gouvernement n’augmente pas les impôts juste pour le plaisir d’augmenter les impôts ! L’impôt doit être mis au service d’un effort de reconstruction du pays et d’un projet de société. La mission du Président de la République est de fixer le cap. Il est important qu’il dise à quoi ces efforts vont servir. »

Recueilli par Robin CHARBONNIER