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Discours de Claude Bartolone – Congrès du Parti Socialiste


Mes Camarades,

C’est si bon d’être ici à Toulouse pour ce congrès qui, à bien des égards, a un côté historique compte tenu de la situation inédite dans laquelle se trouvent à la fois le parti, la gauche et le pays.

Comme vous, mes camarades, je vois tout, j’entends tout et je lis tout.

On dit que notre congrès ne serait pas assez animé… Tant mieux ! Je préfère la douce sérénité de l’unité à la rude animation de la division !

On dit même – je l’ai lu ce matin – que le parti socialiste serait déprimé… Vous vous sentez déprimés, vous ? Quel mauvais diagnostic ! Déprimés surement pas, concentrés oui.

Concentrés oui, car c’est dur, mes camarades. Oui, les éléments se déchaînent. Oui, l’héritage de Sarkozy nous plombe et nous engage. Oui, nombre de nos concitoyens doutent. Oui, la machine médiatique s’emballe.

Mais face à cela, nous avons besoin – le président, la majorité parlementaire et le gouvernement qui en est issu – de toute la force, de tout l’enthousiasme des militants du parti socialiste que nous sommes !

Aussi, le message que je suis venu vous adresser est un message d’énergie.

L’énergie de la fierté ! Ce congrès est un congrès de victoire. Soyez fiers, camarades, du chemin parcouru.

Grâce au travail de chacun de vous, nous avons remporté l’élection présidentielle avec François, mettant un terme à la politique malveillante et malfaisante de Sarkozy et de ses amis. Cela, au terme d’une primaire exemplaire qui a changé la politique française à tout jamais. Jusqu’à contraindre Fillon et Copé à débattre à la télévision !

Grâce au travail de chacun de vous, la gauche a remporté les élections législatives et a porté dans l’hémicycle de nouveaux visages, une nouvelle image de la représentation socialiste qui fait la part belle aux femmes, à la jeunesse et à la diversité des couleurs de la mosaïque France. Et je veux saluer en votre nom à tous l’oeuvre de Martine sans qui ce profond renouvellement n’aurait jamais pu dépasser le rang de slogan.

Grâce au travail de chacun de vous, nous avons préparé le terrain à ces victoires en installant année après année dans nos collectivités locales la « marque socialiste » forgée à la fois dans la volonté de transformation et dans la conscience du réel.

Grâce au travail de chacun de vous, les premiers mois de gouvernent de gauche ont permis de poser les premiers marqueurs et d’améliorer la vie des Français jusqu’ici les plus touchés par les années Sarkozy : déjà nous avons donné un coup de pouce au salaire minimum, redistribué du pouvoir d’achat aux parents grâce à l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire, mis un terme à la honte que représentait la suppression de postes dans l’éducation nationale, voté les emplois d’avenir, installé la conférence sociale, et mille autres choses encore.

Camarades, quelle que puisse être la rudesse de la période et l’acidité des mots que l’on nous jette quelquefois à la figure, commençons par refuser d’être les commentateurs des commentaires ! Parce que nous sommes des militants politiques, nous savons ce que représentent nos conquêtes et nous savons ce que l’action engagée a déjà apporté à celles et ceux qui attendent de la gauche du mieux vivre.

Alors soyez fiers, militants socialistes, du chemin déjà parcouru et des actions déjà engagées ! Ne vous laissez pas intimider, n’ayez pas peur ! De l’enthousiasme, du courage ! Du nerf, camarades !

Cette énergie sera vitale tout au long de la législature qui débute et que nous avons la responsabilité historique de réussir.

Chers camarades, pour réussir cette législature du changement, affirmons, réaffirmons chaque jour et réaffirmons encore la ligne politique qui sous-tend chacune de nos actions.

Les efforts de redressement des comptes de la Nation sont une œuvre de salut politique. Pas simplement pour l’esthétique d’une colonne de dépenses qui correspond à une colonne de recettes.

La dette, mes camarades, c’est l’ennemie de la gauche qui agit. La dette, c’est le mépris de l’avenir au bénéfice de la fuite en avant. La dette, c’est un contresens de la nature qui voudrait que les enfants réparent les erreurs de leurs parents. La dette, au fond, c’est de la « souffrance différée ».

Camarades, les socialistes ne sauraient être porteurs de la souffrance différée !

Voilà tout le sens du budget porté par la majorité parlementaire et le gouvernement qui en est issu. Et, l’expliquer aux français, est la première responsabilité de chaque militant.

Et, dans le même temps, quand on a dit ça, on a nettoyé le pinceau sans pour autant avoir esquissé l’œuvre.

Mes camarades, les socialistes n’ont pas vocation à être les nouveaux experts comptables de la République !

Assumons et revendiquons fermement la vision que nous avons du pays pour les années qui viennent. La bonne gestion oui, mais pour quelle France ?

La droite fait tout pour disqualifier notre parole. Regardez la fougue qu’ils emploient pour qu’on ne parle pas des 1700 milliards de déficits qu’ils nous lèguent ! Regardez la frénésie qu’ils déploient pour que l’on fasse l’impasse sur les 3 millions de chômeurs qu’ils nous laissent !

Malgré cela, il faut agir.

Nous savons que l’année 2013 sera une année difficile, et pas simplement pour la France. Qui ne voit pas que même la Chine, l’Allemagne, les Etats-Unis et l’Amérique du Sud s’interrogent sur leur devenir ?

Alors, chacun doit l’entendre, pigeons comme citoyens : non, nous n’avons pas la culture de l’augmentation des impôts. Nous demandons simplement à chacun, selon ses ressources, les moyens de reconstruire les services publics et de préparer l’avenir du pays.

L’avenir, c’est miser sur la jeunesse. A travers l’école bien sûr, mais aussi à travers la formation, la lutte contre les discriminations, l’accès au premier logement, et tout ce qui fait une vie d’adulte. Notre jeunesse nous est enviée ; elle est notre plus grand atout ; misons sur elle.

L’avenir, c’est le pari de l’intelligence. La course effrénée au moins-disant salarial, social et environnemental n’a pas de fin. L’ambition d’un grand pays comme la France ne saurait être l’alignement sur des normes non respectueuses de la dignité des hommes et des femmes. La compétitivité passera nécessairement par l’investissement dans l’intelligence.

L’avenir, c’est le pari de l’éco-développement qui doit nous amener à réorienter notre recherche et notre production sur des modes de fabrication respectueux de la planète.

L’avenir, c’est la réaffirmation du pacte républicain qui unit notre pays. L’autorité républicaine, mes camarades, ce n’est pas un gros mot. C’est elle qui doit sanctuariser le cadre laïc qui permet aux français de vivre ensemble. C’est elle qui doit assurer l’ordre républicain, la « liberté des humbles ».

C’est en réinstallant cette vision de l’avenir que nous ferons renaitre la confiance. Et c’est en faisant renaître la confiance que nous pourrons parvenir à l’amélioration de la situation sociale qui permettra l’acceptation des grands changements sociétaux.

Mes camarades, c’est à chacune et chacun des militants socialistes de porter cette vision devant les Français. C’est à nous tous de leur décrire la France que nous dessinons. Et voilà exactement le rôle qui sera celui du parti durant cette législature.

Pas celui d’un parti godillot, d’une ump de gauche réduite à un simple fan club présidentiel ! Même en essayant, nous n’y arriverions pas…

Nous devons être, avec tous les militants, ces visages qui, au plus près des Français, convainquent nos compatriotes de l’utilité des réformes et surtout du sens de l’action. Et dans le même temps, cette organisation politique défricheuse d’idées neuves et créatrice d’audace.

Hier, nous avons été des acteurs magnifiques du changement ; sachons devenir dès à présent, et chacun à la place qui est la nôtre, des ouvriers de la reconstruction.

Au travail, camarades !

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