Your message has been sent, you will be contacted soon
Site de Claude Bartolone

Call Me Now!

Fermer

Interview à TF1 News: le Président a appliqué le principe du « lécher, lâcher, lyncher »

TF1 News – En charge des relations extérieures du candidat PS, vous avez rencontré avec François Hollande les syndicats ces dernières semaines. Que retenez-vous de ces échanges sur le climat social ?

Claude Bartolone : D’abord, j’ai senti les organisations syndicales très marquées par le sort qui leur a été réservé au cours des cinq dernières années. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Président a appliqué le principe du « lécher, lâcher, lyncher ». Au début de son mandat, c’était une cour assidue aux dirigeants syndicaux. Souvenez-vous des déjeuners ou diners, y compris avec Bernard Thibault de la CGT. Puis ce fut le « lâcher » avec le texte sur les retraites où les syndicats ont été plus convoqués que consultés sur le mode « c’est ça ou rien ». Aujourd’hui, ils sont lynchés avec la dénonciation des corps intermédiaires et les attaques frontales contre la CGT ou la CFDT. Demain, il s’agira de trouver une autre règle du jeu pour stabiliser les relations entre le gouvernement et les partenaires sociaux.

TF1 News – François Hollande affirme vouloir tenir une grande «conférence sociale» en septembre s’il est élu, en quoi cela consisterait-il concrètement ?

Pour François Hollande, s’il est élu le 6 mai prochain, il faudra discuter de la mise en place de dispositions présentes dans son projet : la mise en place de la retraite à 60 ans pour ceux qui auront cotisé 41 annuités, l’ouverture de négociations sur la mise au point du contrat de génération, la réindustrialisation du pays et les réponses adaptées pour lutter contre le chômage… Le discours sur la méthode se traduira par les engagements et dans les actes de François Hollande avec les partenaires sociaux.

TF1 News – Que peut être une nouvelle pratique sociale plus moderne en France ?

Je ressens le besoin des syndicats d’en finir avec les grands-messes, ces réunions où chacun avait le droit à dix minutes pour donner son point de vue pour qu’à la fin le président candidat dise ce qu’il avait décidé avant la messe. Les partenaires sociaux et le prochain gouvernement doivent retrouver les conditions d’un dialogue permanent, loin des « coups de com » de ce quinquennat.

TF1 News – Mais cela se pratiquait aussi sous la gauche…

Ce qui compte à l’avenir, c’est la volonté de changement de François Hollande. Il ne s’agit pas de réinstaller des méthodes qui ont pu être appliquées par le passé. En 2012, on ne pourra pas se contenter de reprendre l’histoire interrompue en 2002 sans tirer les leçons de l’exercice du pouvoir par la gauche. Dans une période où il y a un tel besoin de rassemblement, c’est évident qu’il va falloir inventer un autre modèle de négociations sociales.

TF1 News – Le PS a eu des mots durs contre la patronne du Medef Laurence Parisot. Les regrettez-vous et François Hollande va-t-il la rencontrer avant le premier tour?

Après les syndicats, François Hollande a aussi rencontré certaines organisations patronales, comme la CGPME dernièrement. J’ai moi-même rencontré Laurence Parisot pour établir ce que devront être les règles du jeu de la négociation si François Hollande est élu. Compte-tenu des propos engagés de Laurence Parisot en faveur de Nicolas Sarkozy, aucun rendez-vous n’a été pour l’instant fixé. Après le 6 mai, si les Français élisent François Hollande, viendra le temps du rassemblement et de la négociation avec tous les partenaires sociaux.

TF1 News – Votre nom est cité pour le ministère du Travail et de l’Emploi, cela vous fait-il plaisir ?

Chaque chose en son temps. Gagnons d’abord avec François Hollande l’élection présidentielle. J’ai eu à connaître déjà cette situation dans le passé. Il y a très peu de liens entre les noms qui sont cités et la composition d’un gouvernement (rires). J’ai failli rentrer quatre fois dans un gouvernement et la seule fois où j’y suis rentré, c’est lorsque mon nom n’était pas cité. C’est un petit jeu politique et médiatique qui est normal mais je ne suis pas sûr qu’il ait une grande réalité.

TF1 News – François Fillon affirme que la victoire de la gauche peut affoler les marchés. N’est-ce pas un élément que vous devez prendre en compte ?

La droite est au pouvoir en Espagne et ça n’empêche pas l’affolement des marchés. Nicolas Sarkozy était aux commandes lorsqu’on a perdu le triple A. Le gouvernement n’a pas su gérer la crise et imposer la voix de la France. Au nom de quoi nous ferait-il la leçon ? Une nouvelle fois, c’est la volonté de susciter la peur : la peur du désastre économique. Mais quand on a un passif comme le leur…

TF1 News – François Bayrou affirme qu’ « une partie de la classe politique et médiatique nie la réalité de la crise » dans cette campagne. Partagez-vous cette impression ?

Je ne crois pas, j’ai même le sentiment inverse. La gravité de la crise est partagée par l’ensemble du pays, comme jamais. Dans mes rencontres au cours de cette campagne, les gens sentent bien que nous allons rentrer dans une période d’argent public rare. Ils savent que l’on ne peut pas tout promettre. Ce n’est pas la demande d’une société du toujours plus mais d’une société toujours plus juste.

TF1 News – Pourtant dans les meetings de François Hollande, on entend plus l’écho des critiques contre Nicolas Sarkozy que les appels au redressement du pays…

Encore une fois, je ne le crois pas. Si vous ne parlez que de la crise, la campagne manque d’empathie ; et inversement, si on présente uniquement une autre politique et une critique du président candidat, on nous accusera d’oublier la crise présente dans l’esprit de chaque Français. François Hollande affirme depuis longtemps, souvenez-vous de la campagne des primaires, que le redressement de la France est nécessaire mais passe d’abord par une plus grande justice pour tous.

Retrouvez l’interview sur le site TF1-News en cliquant ici.

Étiquettes: