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Interview pour lepoint.fr: "les questions des quartiers populaires ont été prises en compte"

J’ai répondu aux questions du Point, je vous propose retrouver mon interview ci-dessous:

Le candidat socialiste est en tournée en banlieue lyonnaise et dans l’Oise vendredi. Samedi, il passera par les Ulis, Clichy-Sous-Bois, Aubervilliers et Aulnay-sous-Bois. Le président socialiste du conseil général de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone, responsable des relations extérieures de la campagne de Hollande, répond à nos questions.

Le Point.fr : François Hollande est en tournée en banlieue vendredi et samedi. Une session de rattrapage pour la grande oubliée de sa campagne ?

Claude Bartolone : Pas du tout ! Au contraire les questions qui concernent les quartiers populaires, où les gens sont brisés par trente ans de mutation économique, sociale, brisés par un chômage de masse qui atteint jusqu’à 30 %, brisés par la stigmatisation, ont été prises en compte. Un certain nombre de mesures prouvent que le changement, c’est tout de suite et pas dans dix ans, comme c’est souvent le cas pour les questions relatives au renouvellement urbain. Les 60 000 postes dans l’Éducation nationale, la relance des Rased (réseaux d’aide et de soutien des élèves en difficulté, NDLR), la formation de personnel dans les zones d’éducation prioritaire, les 150 000 emplois d’avenir, l’augmentation de 25 % de l’allocation de rentrée scolaire, le blocage du prix de l’essence ou les tarifs des transports qui tiennent compte de la situation financière des familles sont autant de bonnes nouvelles. Ce sont les premiers outils attendus dans les quartiers. Dans les familles, l’idée c’est : même si on a des difficultés, on ne veut pas que nos enfants héritent de nos propres misères.

Tout de même, François Hollande a beaucoup parlé aux jeunes, peu aux banlieues spécifiquement…

Déjà, à part la Corrèze, c’est en Seine-Saint-Denis que François Hollande s’est le plus rendu depuis le 31 décembre. Il est allé à Saint-Denis parler service public, à Pierrefitte-sur-Seine pour le décrochage scolaire, à Bondy deux fois, sur l’école et pour un meeting, à Montreuil pour l’environnement, aux Lilas sur la santé, au Pré Saint-Gervais pour la minute de silence après les évènements de Toulouse… Par ailleurs, s’il faut un pilote dans l’avion pour coordonner les questions liées aux quartiers, via la création par exemple d’un ministère des Territoires solidaires, aujourd’hui, si on veut réinstaller la République partout, cela concerne tous les ministères régaliens, l’Éducation nationale, l’Emploi, l’Intérieur ; cela concerne aussi les Transports, le Logement. S’il y a un endroit où on a besoin du changement tout de suite, parce qu’on est loin de l’espoir suscité par le plan banlieue de Nicolas Sarkozy, c’est dans les quartiers.

On est aussi bien loin de la ferveur suscitée par Ségolène Royal en 2007…

Le monde a changé. Il y a cinq ans, la campagne s’est faite par des enfants de la télé sur fond de fin de crise économique… Toutes les premières mesures de Sarkozy étaient des mesures de sortie de crise, la défiscalisation des heures supplémentaires, le RSA, et je ne parle même pas de l’aberration de sa conduite. Aujourd’hui, la crise empêche l’enthousiasme. Une partie de la population est tellement fragilisée par l’idée qu’on ne peut plus rien faire pour eux… Si vous voulez désespérer encore plus, créer de la violence et la reprise du communautarisme, refaites une campagne avec des promesses que vous ne pourrez pas traduire en actions concrètes !

Êtes-vous inquiet d’une grande abstention dans les quartiers ?

Justement, c’est bien que le grand déplacement de François Hollande en banlieue soit dans le dernier rush de la campagne. Pour eux, c’est difficile de structurer leur vie à quinze jours près, quand le 15 du mois, c’est déjà la fin du mois. C’est une population tellement fragilisée qu’il faut une piqûre de rappel sur la fin de campagne, quand on est proche du moment de voter. Mais même si c’est une campagne grave, il y a de l’intérêt. Le message que l’on doit leur adresser, c’est : voter, c’est utile et votre vie peut changer tout de suite. Et puis François Hollande est perçu comme quelqu’un de sympa, il y a la reconnaissance qu’il revient de loin.

Sarkozy attaque le PS sur des sujets tels que la burqa ou les horaires de piscine à Lille. Craignez-vous que cela soit porteur dans les quartiers ?

Je pense qu’avec ce type de discours, et avec la stigmatisation que Sarkozy a tentée après les événements de Toulouse en réinstallant la sécurité au coeur de sa campagne, il y a un risque de renforcement du ghetto, qui malheureusement existe dans un certain nombre de quartiers, d’écoles. Je ne voudrais pas que s’installe un islam de la frustration. Il faut que nous démontrions que la République est partout.

Propos recueilli par Charlotte Chaffanjon

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