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Interview dans Libération: «Un département unique créera un vrai partage»

Est-ce pour des raisons de budget que vous demandez la fusion de la Seine-Saint-Denis dans le Grand Paris ?

Les difficultés financières ne sont pas nouvelles, ni pour moi ni pour les autres. S’il ne s’agissait que de répondre à ce constat, je ne demanderais que la péréquation des ressources entre collectivités. En 2008, quand Philippe Dallier [sénateur UMP de Seine-Saint-Denis, ndlr] a préconisé la fusion des quatre départements dans son rapport, j’étais réservé. Je pensais que la péréquation financière suffirait à corriger les inégalités. Force est de constater que ce n’est pas le cas. La situation de mon département m’a fait bouger. Un exemple : la différence des droits de mutation perçus par habitant à Paris (417 euros), dans les Hauts-de-Seine (303), et chez nous (124)… L’absurdité de la situation, c’est que les territoires qui ont le plus de besoins ont le moins de ressources et que les populations les plus pauvres sont aussi celles qui supportent le plus d’impôts. Beaucoup d’élus me disent que si demain ils construisent de nouveaux logements, ils ne pourront pas financer les équipements publics auxquels les nouveaux habitants ont droit. Je pense par exemple aux 2 000 collégiens supplémentaires que nous allons accueillir d’ici à 2014. Et depuis le temps qu’on parle de péréquation, je vois bien les limites du système.

Un département unique corrigerait-il cela ?

Bien sûr. Cela créera un vrai partage des ressources et une solidarité, en lien avec la réalité des territoires. La Seine-Saint-Denis est le département le plus jeune et le plus pauvre de France. Quand ses jeunes vont mal, cela concerne toute la région, car ils sont les salariés de demain. La création d’un département comme la Seine-Saint-Denis [en 1968] pouvait se comprendre à un moment où les usines étaient là et où les gens vivaient et travaillaient au même endroit. Aujourd’hui, ils bougent. Vu le nombre d’entreprises qui s’installent en Seine-Saint-Denis, on voit bien que leurs salariés sont des voyageurs. Il faut une gouvernance qui corresponde à la vie réelle des habitants.

Autosaborder la collectivité qu’on dirige, c’est inédit ?

Mon projet ne relève pas de la lutte des places ! Bien au contraire, il s’agit de donner aux habitants l’accès aux services publics et à toutes les solidarités. Il est temps d’affirmer ce que l’on doit leur offrir. Je ne peux pas juste être un quémandeur. La population réclame de la justice. Lorsque je vois les liens qui existent entre les différents territoires, je me dis que le moment est venu. Si c’était simplement un appel au secours, je me battrais pour la péréquation, je réclamerais d’autres paramètres. Mais ma responsabilité d’élu est de voir au-delà. Nous sommes dans une région riche mais inégalitaire, et dans un contexte d’argent public rare. La fusion en un seul département spécialisé dans le social, ce sera le moyen d’appliquer la justice sociale et fiscale que l’on veut au niveau national. Sur le même périmètre, je propose en plus une communauté urbaine qui permettrait de décliner localement les orientations définies par la région en termes de transports, d’aménagement, de logement.

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