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Interview dans Le Monde: "il faut réunir Paris et les départements limitrophes"

Que pensez-vous des récentes propositions du président en matière de collectivités territoriales?

Nicolas Sarkozy n’aime pas les collectivités locales. Et il les aime d’autant moins qu’une majorité d’entre elles sont de gauche! Il cherche à transformer les élus en boucs émissaires, comme il le fait pour les immigrés, les chômeurs et les homosexuels. Le président sortant veut cyniquement créer une fracture dans le pays pour faire oublier sa facture économique et sociale.

N’est-il pas dans son rôle lorsqu’il pointe un problème d’endettement des territoires?

Les collectivités locales représentent seulement 9% de l’endettement du pays pour 71 % de son investissement public! Nicolas Sarkozy le sait, mais il persiste à le nier. Tout comme il feint d’ignorer le fait qu’elles s’appliquent de facto la règle d’or, puisqu’elles n’ont pas le droit de voter des budgets en déséquilibre. En réalité, l’augmentation des personnels, surtout dans les départements, est due aux responsabilités supplémentaires confiées par l’Etat aux collectivités. En Seine-Saint-Denis, les effectifs ont augmenté en cinq ans de 1939 personnes. Les 9/10ème de cette augmentation correspondent aux transferts de personnels de l’Etat.

L’Ile de France est la région la plus riche de France, mais aussi la plus disparate économiquement et fiscalement. Que ferait la gauche au pouvoir?

Les élus franciliens ne doivent pas aller demander à François Hollande, s’il est élu, de régler les contradictions de cette région. Il faut d’abord affirmer et renforcer les compétences de la région. Ensuite, je propose de réunir les départements des Hauts de Seine, de Paris, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne en une seule collectivité dotée des compétences départementales, notamment les solidarités. Et d’adosser une seconde assemblée qui porterait le nom de communauté urbaine afin d’harmoniser les politiques au niveau local, notamment en matière de logement ou de transport.

Ce retour au département de la Seine ne ressemble-t-elle pas à un retour vers le passé?

Le revenu fiscal à Paris est de 30% au dessus de la moyenne régionale, celui de la Seine-Saint-Denis est de 30% en dessous, alors même que ces deux collectivités n’ont pas les mêmes moyens pour intervenir auprès des populations. Le moment est venu de tirer les enseignements des inégalités qui perdurent malgré la décentralisation. Depuis 2001, les élus de ces territoires ont compris qu’il ne pouvait plus y avoir de barrière entre l’intérieur et l’extérieur du périphérique. Cette communauté urbaine regroupant Paris et les départements de la petite ceinture sera gouvernée par des élus, afin de renforcer le lien démocratique pas assez existant aujourd’hui.

Ne regrettez-vous pas que la banlieue soit la grande absente de la campagne?

Les propositions de François Hollande sur l’école, mais aussi sur la justice, la sécurité et l’emploi sont les vrais outils en matière de politique de la ville. Partager les ressources financières pour plus de solidarité, voilà aussi un vrai choix de politique urbaine. Notre candidat sera présent auprès de ces habitants, dans les quartiers populaires où on a du mal à croire au discours politique désincarné. Et l’empathie, le lien affectif entre François Hollande et le peuple constitue un atout qui fera la différence avec Nicolas Sarkozy, ressenti de plus en plus comme le candidat de la division.

Recueilli par David Revault d’Allonnes

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