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Femmes du monde en Seine-Saint-Denis: journée d'ouverture

Ce matin commence en Seine-Saint-Denis, pour la 10ème année, la journée d’ouverture de l’observatoire des violences faites aux femmes. Je vous propose de retrouver ci-dessous l’interview donnée à cette occasion:

Trois questions à Claude Bartolone, Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis

1. Dix ans après la création de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes de la Seine-Saint-Denis, quel bilan tirez-vous ?

En 2002, le Conseil général de la Seine-Saint-Denis a créé cet Observatoire, unique en France, avec la conviction que les violences faites aux femmes n’étaient pas une fatalité. Dix ans plus tard, nous avons fait la preuve que « mieux protéger, c’est possible », en expérimentant des dispositifs innovants qui, année après année, ont fini par constituer un véritable arsenal protecteur pour les femmes et leurs enfants. Nous pouvons ainsi proposer aujourd’hui une prise en charge globale des victimes de violences, par un ensemble de mesures complémentaires : protection des femmes en très grand danger grâce au téléphone portable d’alerte, relogement pérenne de celles qui sont contraintes de quitter le domicile conjugal, accompagnement psychologique dans les six consultations de psychotraumatologie ouvertes dans le département, protocole de lutte contre les mariages forcés… Cette année, nous lançons une nouvelle mesure, avec l’accompagnement protégé des enfants par un adulte tiers, lors de leurs visites au père auteur de violences. Notre ambition est claire : il ne s’agit pas seulement d’aider les femmes à faire face à l’urgence, mais aussi et surtout de les accompagner durablement pour qu’elles reprennent leur vie en main après être sorties de l’enfer des violences.

2. Pourquoi une telle structure n’existe-t-elle qu’en Seine-Saint-Denis ?

Parce que le Conseil général a choisi d’en faire une priorité de son action. C’est une question de volonté politique, face à un enjeu dont l’ampleur a trop longtemps été tue, et dont la réalité a trop souvent été biaisée ou ignorée. le Département a décidé d’être au premier rang du combat contre ce fléau, par la mise en place d’un Observatoire intégralement dédié à cette lutte. Les études et les analyses qu’il a menées, autant que les dispositifs expérimentaux qu’il a initiés, font désormais de cette structure un modèle dans la lutte contre toutes les formes de violences sexistes en France. Par son engagement précurseur, l’Observatoire de la Seine-Saint-Denis a ainsi largement inspiré et accompagné le travail des parlementaires dans l’élaboration de la loi relative aux violences faites aux femmes du 9 juillet 2010. Et il reste le premier département à appliquer de manière exemplaire l’un des principaux volets de cette loi, avec son protocole de mise en œuvre de l’ordonnance de protection temporaire des femmes. Aujourd’hui, je souhaiterais que ces dix années d’expertise et d’expérience soient mises au service de la création d’un Observatoire national des violences faites aux femmes, et que les mesures expérimentées en Seine-Saint-Denis, qui ont montré leur efficacité, puissent être généralisées à l’ensemble du territoire français.

3. Quels sont les projets de l’Observatoire pour la prochaine décennie ?

Contribuer à éradiquer définitivement ce fléau des violences ! Hélas, c’est une utopie à laquelle ne nous pouvons pas nous laisser aller. Malgré les progrès dont on peut se réjouir, nous sommes tenus à la plus grande vigilance. L’Observatoire continuera donc à jouer son rôle de défricheur et d’éclaireur, en apportant des réponses concrètes aux femmes victimes de violences et de discriminations, en s’inspirant des expériences novatrices qui fonctionnent à l’étranger, comme le téléphone portable d’alerte découvert en Espagne, ou encore en contribuant à améliorer la connaissance et la compréhension des phénomènes de violences. Il s’agit d’une exigence majeure si nous voulons non seulement protéger les femmes des comportements violents, les réduire et empêcher leur reproduction chez les enfants ayant été en ayant été témoins dans leur famille. N’oublions pas que ce sont, eux aussi, des victimes de maltraitance que nous devons protéger. Le défi est immense, mais notre détermination l’est tout autant en Seine-Saint-Denis, où nous entendons bien continuer, longtemps encore, à montrer la voie.

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