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Interview dans le Parisien Seine-Saint-Denis

Depuis plus de deux semaines, les services de l’aide sociale à l’enfance de Seine-Saint-Denis n’acceptent plus de prendre en charge de nouveaux mineurs isolés étrangers.Le président PS du conseil général Claude Bartolone a ainsi voulu attirer l’attention de l’Etat sur les difficultés du département,qui s’occupe déjà d’un millier de jeunes étrangers. Face aux nouveaux arrivants, le parquet de Bobigny et la protection judiciaire de la jeunesse peinent à trouver des solutions,tandis que la réaction du gouvernement se fait toujours attendre. Claude Bartolone ne veut pas céder sur ce dossier comme sur celui des compensations de l’Etat pour les départements ou encore celui des emprunts toxiques.

Le 1er septembre dernier,vous avez annoncé que le département de la Seine-Saint-Denis ne prendrait plus en charge l’accueil des mineurs étrangers isolés…

CLAUDE BARTOLONE. Je n’ai pas eu le choix. J’ai alerté l’Etat à plusieurs reprises — y compris Nicolas Sarkozy— pour dire qu’il n’est plus possible que le département du 93 prenne en charge 1000 mineurs étrangers par an,soit un sur six qui arrive en France. Nos services n’arrivent plus à s’en occuper correctement. Et nous n’avons plus les moyens de dépenser sans aide. Cet accueil nous a coûté 35 millions en 2010, il pourrait atteindre 42 millions en 2011.De toute façon, si je n’avais rien fait, c’est notre personnel de l’aide sociale à l’enfance qui se mettait en grève.

Et que s’est-il passé depuis votre coup d’éclat?

J’ai reçu un courrier du président du tribunal de grande instance qui me dit qu’il comprend mes motivations, mais que je me dois d’accueillir ces jeunes. J’attends que cela bouge au niveau du gouvernement. J’ai le sentiment que tout cela se joue entre Matignon et l’Elysée. Une chose est sûre: je ne céderai pas. Protester pour agir, c’est ma devise.

Au-delà du problème des mineurs isolés, qu’en est-il de la situation financière de la Seine-Saint-Denis?

Cela reste très difficile et le gouvernement ne nous aide pas. A chaque fois qu’on bénéficie d’une petite recette supplémentaire, on nous la prend. Par exemple, nous devrions toucher 17M€ de droits de mutation, liés à l’augmentation des transactions immobilières. Et bien on va nous en reprendre 12millions, au nom de la répartition avec les collectivités qui perçoivent moins de droits de mutation que nous.

Dans le même temps, l’Etat nous doit 170M€ pour le RSA l’APA ou l’allocation pour handicapés, des dépenses que nous faisons au nom de la solidarité nationale, donc de l’Etat!

Que comptez-vous faire ?

Après la question prioritaire de constitutionnalité que nous avions posée avec d’autres départements sans obtenir gain de cause, nous sommes décidés à saisir le Conseil d’Etat sur les répartitions financières de ces dépenses obligatoires.

Pensez-vous une nouvelle fois augmenter les impôts en 2012 ?

Non, je veux réussir à faire un budget sans toucher aux taux d’imposition et en préservant les services publics. Cela ne sera pas simple. Il faudra se battre chaque jour pour ne pas qu’on nous enlève un euro. Il va falloir encore faire entendre notre voix pour que le département le plus jeune et le plus pauvre de France obtienne des moyens.

Le 93 est-il toujours sous la menace des emprunts toxiques ?

Oui Ceux-ci représentent encore 72% de notre dette, contre 97% il y a trois ans. Sur un prêt qui arrive à échéance bientôt, le taux d’intérêt pourrait dépasser les 30% si le franc suisse continuait à monter ! L’an dernier, on a payé 1,5M€ d’intérêts supplémentaires: cela représente une crèche en moins.

C’est pour cela que nous avons passé une convention avec un pool bancaire qui nous permet de stabiliser nos emprunts sur trois ans. Mais nous continuons à nous battre avec notre plainte contre Dexia et la commission d’en quête parlementaire que je préside et qui rendra ses conclusions d’ici décembre. Par ailleurs, je défendrai des amendements à lAssemblée sur le sujet.

Serez-vous candidat aux législatives en 2012 ?

Oui, pour la septième fois depuis 1981. Ce sera dans ma circonscription qui comprend maintenant Les Lilas, la ville où je vis. Je l’ai fait savoir depuis longtemps.

PROPOS RECUEILLIS PAR:
BLANDINE SEIGLE AVEC J.D. ET V.M.-F.

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