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Contre l'exécution de Troy Davis

C’est avec consternation que j’apprends que la justice américaine a refusé d’accorder sa grâce à Troy Davis, après 20 ans de calvaire, passés à attendre que chaque jour veuille bien payer son tribut à l’œuvre de mort. L’annonce de son exécution m’est d’autant plus insupportable qu’elle aura lieu, triste coïncidence, au moment même où notre pays célèbre le trentième anniversaire de l’abolition de la peine de mort.

Personne n’a oublié ce jour d’automne 1981 où Robert Badinter fit bannir à jamais la peine capitale des prétoires français. Avec cette loi, victoire exemplaire du droit sur la barbarie, la Représentation nationale a écrit une grande page de l’histoire de la République et de la démocratie.

Trente plus tard, c’est une grande douleur que la mort programmée d’un homme, qui a toujours clamé son innocence et dont la culpabilité n’a jamais été clairement établie, nous rappelle que la lutte contre le droit de tuer demeure une urgence, dans tous les pays où il est encore en vigueur. A commencer par ce qu’on dit être la plus grande démocratie du monde mais qui, dans ce domaine, rivalise avec les pires régimes totalitaires. Comme le disait Victor Hugo, qui défendait déjà l’abolition à l’Assemblée nationale, il y a plus d’un siècle : « On recule épouvanté devant l’idée d’un si grand crime commis par un si grand peuple ».

Je pense aujourd’hui avec émotion à Troy Davis, à sa famille, à ses proches, à ses amis, aux associations qui l’ont accompagné et soutenu, et à tous ceux qui, ici et ailleurs, mènent le combat pour l’abolition universelle de la peine de mort. Avec eux, j’aimerais croire à un nouveau sursaut de la raison et de la justice dans les prochaines heures. J’aimerais ne pas avoir à désespérer de l’humanité.

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