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Rapport Daubresse : 22 propositions pour tuer le RSA

Comme toutes les politiques qu’il a menées n’ont conduit qu’à des échecs et à du mécontentement social, Nicolas Sarkozy a compris qu’il lui fallait trouver un bouc émissaire pour justifier la crise, pour excuser la rigueur que prépare son Gouvernement, mais aussi pour conjurer l’incertitude qui plombe l’avenir de la France. Depuis quelques temps, ce ne sont donc plus seulement les immigrés qui sont visés par la droite, mais aussi les pauvres, qui seraient la cause de nos finances publiques moribondes.

Quelques mois après les propos insultants du Ministre Laurent Wauquiez en juin dernier, qui parlait de « cancer de l’assistanat » pour critiquer le revenu de solidarité active, un ancien Ministre aux solidarités remet hier au Président un rapport censé instaurer une logique de « droits et devoirs ». Derrière 22 propositions tantôt grotesques, tantôt inquiétantes, une philosophie assez simple apparaît donc : les pauvres, en France, coûtent plus qu’ils ne rapportent, il faut donc les mettre au travail, et de force s’il faut. Et de fil en aiguille, on en arrive à la proposition choc qui suit : un contrat unique d’insertion de 7h par semaine pour les allocataires du RSA socle en état de travailler, inactifs, qui n’auraient pas de perspectives d’emploi ni de contrats aidés.

Alors que l’INSEE a confirmé en quelques semaines la montée de la pauvreté et l’augmentation du chômage sur les dernières années, la stratégie qui consiste à inverser le sens de la responsabilité de l’échec économique peut faire diversion cinq minutes, mais pas plus. Je m’insurge pourtant contre une telle analyse de la question sociale, où les classes laborieuses sont accusées de fainéantise et de fraude, où les dépenses des collectivités sont considérées comme une gabegie. Car bien entendu, le rapport de Daubresse n’en reste pas à la seule critique des bénéficiaires du RSA, il fait des collectivités les complices de cette soi-disant fraude de masse. Oui vraiment, le rapport a beau jeu d’appeler les Départements à mettre en place l’accompagnement pour tous les bénéficiaires concernés, ou d’inviter les collectivités à mettre en place des plateformes ou des journées d’accueil. Si Monsieur Daubresse prenait la peine de venir jusqu’en Seine-Saint-Denis, il verrait que nous ne l’avons pas attendu pour construire cet accompagnement. Mais j’irai plus loin : qui a ôté au RSA les moyens d’être un dispositif réellement efficace, avec lequel on peut réellement « gagner plus en travaillant plus » ? Qui a volontairement bâclé la phase d’expérimentation du dispositif, au motif de mieux le discréditer ensuite ? Qui, enfin, n’a de cesse de réduire la compensation qu’il apporte aux Départements qui mettent en place le dispositif pour les habitants ?

Avec le RSA, qui est à l’origine une belle idée défendue par Martin Hirsch, le Gouvernement de Nicolas Sarkozy avait voulu donner le sentiment, en même temps qu’il faisait des cadeaux aux riches avec le bouclier fiscal, qu’il n’abandonnait pas les pauvres à leur misère.

Aujourd’hui, en maintenant l’ISF et voulant transformer le RSA en instrument d’humiliation des pauvres, le Gouvernement montre que l’acte inaugural du quinquennat, celui de la loi TEPA mettant en place le bouclier fiscal, n’était pas une erreur de parcours, mais bien un acte de foi.

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