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Dis-moi qui tu appelles, je te dirai qui tu dois faire taire…

« Repérages de communication » : selon la terminologie du ministère de l’Intérieur, c’est ainsi qu’il faut désigner l’espionnage organisé des journalistes, et de leurs sources, dans notre pays. Cet art consommé de la litote serait assez savoureux si l’exercice de style ne cherchait pas à dissimuler un mensonge d’Etat, doublé d’une violation de la loi.

Il est vrai que, même pour les plus brillants conseillers en communication, il n’est sans doute guère aisé de justifier que le Gouvernement ait mobilisé des moyens publics, traditionnellement dédiés à la sécurité de nos concitoyens, pour analyser les relevés téléphoniques d’un journaliste s’intéressant d’un peu trop près à l’affaire Bettencourt et à ses ramifications élyséennes. Il est certainement encore plus difficile de reconnaître que ces pratiques constituent une infraction avérée à la loi garantissant la liberté de la presse et le secret de ses sources, votée il y a tout juste un an, à l’initiative de ce même Gouvernement.

On connaissait les liens privilégiés du Président de la République avec le monde des affaires et des médias, et la menace que ces réseaux d’influence pouvaient faire peser sur le pluralisme et la liberté de l’information. On découvre aujourd’hui que le pouvoir n’hésite plus à adopter les pires méthodes de Barbouzes pour mettre la presse sous surveillance et restreindre ainsi son légitime rôle de contre-pouvoir.

Le dévoiement des principes démocratiques atteint ici des sommets de gravité. Si tant est qu’elle jouisse encore de l’indépendance que notre régime lui reconnaît, c’est désormais à la justice qu’il appartient de faire toute la lumière sur la responsabilité des donneurs d’ordre dans cette affaire. Mais c’est aux responsables politiques qu’il revient de rappeler qu’en 2007, Nicolas Sarkozy avait fait la promesse d’une « République irréprochable ». Et qu’il est aujourd’hui à la tête d’un exécutif qui bafoue la loi et met la presse au pas, pour étouffer ce qui ressemble à une affaire d’Etat.

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