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Le président des riches face aux pauvres de France

La « guerre des classes » annoncée par le milliardaire américain Warren Buffet est désormais officielle : selon l’INSEE, ce sont plus de 8 millions de français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. « En-dessous du seuil de pauvreté » : c’est-à-dire dans des conditions indignes, loin de toute perspective d’intégration ou d’ascension sociale, loin de tout espoir. Si on ajoute à ces 8 millions de précaires tous ceux qui vivent avec un salaire proche du SMIC, c’est la moitié de la population active française qui subit la précarité. La crise de l’hébergement d’urgence, comme la montée du chômage, nous le rappelle jour après jour. Nous n’en sommes pas arrivés là par hasard : l’augmentation des inégalités est constante sur les dix dernières années en France, à force de politiques pro-riches et anti-pauvres. Sans surprise, les riches sont de plus en plus riches, les pauvres, de plus en plus nombreux, et de plus en plus isolés.

Je le vois depuis la Seine-Saint-Denis, où 23% de la population connaît la grande précarité, et alors que les classes moyennes et aisées refluent vers les territoires voisins. La publication des chiffres de l’INSEE n’est donc pas une surprise, mais elle dit le scandale de notre système, d’une société où les 1% ou 2% les plus riches paient moins d’impôts que les autres, où les personnes disposant de 1700 euros par mois paient 45% de taux effectif, alors que ceux qui ont 63000 euros par mois paient 35%. La France, avec la plus forte concentration de riches au monde en même temps qu’un huitième de sa population connaissant le dénuement, marche sur la tête. A force d’affaiblir ceux qui tirent leur revenu de leur seul travail, à force de protéger les patrimoines, à force de favoriser les bien-nés, Nicolas Sarkozy a mis notre modèle républicain en crise. Je ne m’étonne pas, dans ce contexte, de l’indifférence répétée de son gouvernement à nos interpellations sur les questions de solidarité ou de logement. Mais l’indifférence rompt le lien social, elle marque une démission du pouvoir par rapport à ses responsabilités. L’indifférence est une régression.

Le Président de Neuilly a construit une société régressive : régressive fiscalement pour le plus grand bonheur des 5% de Français les plus riches ; régressive simplement pour les autres, et particulièrement les plus démunis, les plus pauvres, que la droite accuse en plus de peser sur la santé financière du pays. Le bouclier fiscal restera dans l’Histoire de France comme le symbole d’une politique anti-républicaine parce que faite de privilèges, et donc contre l’égalité. Car Nicolas Sarkozy ne s’est pas contenté de livrer les citoyens à la pauvreté, il leur a déclaré la guerre. Je rappelle que Warren Buffet avait ajouté à son constat : « c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ». Or sans exigence d’égalité et de justice fiscale, une société perd sa cohésion sociale. Et ce n’est pas un acte de charité des grands riches du pays qui rétablira cette cohésion, ou encore une règle d’or, mais une vraie révolution fiscale. Avec les forces de gauche, c’est dès aujourd’hui qu’il faut construire une République de la dignité.