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La Rochelle – Interview dans 20minutes.fr

INTERVIEW – Le président du Conseil général de Seine-Saint-Denis assure que la maire de Lille pourra rattraper son retard, en incarnant «la protection» et «le changement»…

La campagne de Martine Aubry démarre maintenant. Ce n’est pas un peu trop tard pour rattraper le retard dans les sondages?

La Rochelle va jouer comme un effet starter. Les Français avant de partir en vacances étaient pris par le feuilleton DSK, ils avaient l’esprit ailleurs. Les sondages qui sont favorables aujourd’hui à François Hollande sont le reflet d’une activité d’avant les vacances alors que l’attention sur les primaires ne s’était pas cristallisée. Là les Français rentrent de vacances, ils viennent de découvrir l’ampleur de la crise, que l’ensemble des mesures prises par Sarkozy et qu’il annule au fur et à mesure ont amplifié la crise. Nous sommes dans le temps de la primaire d’observation: les Français observent pour déterminer celui ou celle qui apparaîtra digne de remplacer Sarkozy. Du coup, c’est dans les quinze jours qui viennent qu’on saura exactement ce qui est en train de se passer entre le peuple de France et les socialistes.

Ce sont aussi des primaires de confrontation, entre des personnalités. Comment éviter qu’elles ne tournent à la division?

Je ne fais pas partie de ceux qui voit de grosses différences entre les uns et les autres. On n’est pas du tout du temps de Rocard et Mitterrand. Cette primaire va se jouer dans l’incarnation. A un moment, les Français se diront: «c’est un tel ou un tel qui sera le plus en mesure de nous protéger dans la période difficile que nous allons vivre mais aussi de changer le système». Je ne suis pas sûr que les Français sentent vraiment une différence programmatique entre les candidats.

Le risque, du coup, c’est que ces primaires ne mobilisent pas les foules…

Mais s’il devait y avoir une bataille générale des égos, les Français ne viendront pas voter, ils ne seront pas intéressés. Il y a quand même une envie de gagner extrêmement forte chez les socialistes. Ce qui explique que malgré les différences, ça se passe plutôt bien. Cela comptera pour les Français. C’est la théorie du verre à moitié plein, à moitié vide. Si les Français se rendent compte qu’on est capable, à partir du même projet, de leur présenter des personnalités différentes, ils seront mobilisés. Ils choisiront celui qui peut le mieux incarner la protection et le changement.

Vous parlez de proposer un changement aux Français mais le projet socialiste ne manque-t-il pas un peu de souffle, de grandes réformes qui changent la vie, comme en 1981?

Le problème c’est de savoir si l’important est de gagner l’élection présidentielle ou si c’est de garder la confiance de ceux qui vont voter pendant les cinq ans. En 1981, on avait levé un immense espoir avec la campagne de François Mitterrand mais le retour de bâton avait été terrible car il y a eu un écart conséquent entre ce qui avait été promis et ce qui avait été réalisé. Si l’on devait arriver avec une position comme celle là, elle ne serait pas comprise par les Français: il faut que l’on soit attentif à cette situation qui s’est installée depuis la chute du mur de Berlin, où l’on a voulu nous faire croire que le système soviétique tombait, qu’il n’y avait plus qu’un seul modèle. Or, ce modèle est en train de montrer ses limites, il faut qu’on soit capable de dire: « parce qu’il montre ses limites, il est temps de réparer et de changer».

Propos recueillis par Maud Pierron, à La Rochelle

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