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Trop c’est trop: il est temps que le Gouvernement prenne ses responsabilités pour les mineurs isolés étrangers

Depuis 1996, les élus de la Seine-Saint-Denis tirent la sonnette d’alarme : l’afflux de mineurs étrangers isolés, en constante augmentation, impose de revoir la prise en charge dont ces mineurs sont l’objet. Là où il faudrait que la solidarité nationale joue à plein, que les collectivités franciliennes construisent ensemble des solutions, enfin que l’Etat assume sa part dans cette question délicate, nous ne rencontrons, comme Paris, que de l’indifférence. Notre Département concentre les arrivées de mineurs étrangers isolés en territoire métropolitain. La présence sur son territoire de la plateforme de Roissy y est pour quelque chose, mais jouent aussi les réseaux d’entraide communautaire et la compétence du Tribunal de Grande Instance de Bobigny pour tous les mineurs arrivant par Roissy.
On évalue le nombre de mineurs isolés étrangers présents sur le territoire national à 6000 ; aujourd’hui, l’aide sociale à l’enfance de Seine-Saint-Denis prend en charge plus de 850 de ces jeunes. Aujourd’hui, la situation n’est plus tenable ni pour nos services, ni pour nos finances. En 2010, le coût de cette prise en charge pour le Département s’élevait à 35 millions. Je rappelle tout de même que nous avons voté au printemps, de manière historique et exceptionnelle, un budget en déficit. Nous souhaitions alors dénoncer une augmentation des charges non compensée, et une casse de la solidarité nationale obligeant les Départements à être les derniers remparts des populations contre la grande précarité.

Il est anormal que le Département le plus pauvre de France métropolitaine ait à assumer seul la prise en charge de mineurs étrangers à la trajectoire si fragile, souvent en situation d’errance, d’exil ou d’exploitation. Aujourd’hui, nous ne sommes plus en mesure d’assurer à ces jeunes que nous accueillons les conditions d’une insertion réussie. Aux difficultés pratiques du travail avec eux, il faut aussi ajouter la frustration de nos services qui ne sont ni préparés, ni outillés pour répondre à cette demande.

Alors, nous pourrions continuer quelques temps encore de combler le vide laissé là où le Gouvernement a démissionné. Nous choisissons, au contraire, de casser une logique absurde qui voit un Département déjà en difficulté servir de lieu de relégation pour les nouveaux arrivants qui ont besoin d’orientation, d’évaluation, et d’accueil. A la rentrée de septembre, nous cesserons d’accueillir les nouveaux arrivants mineurs isolés étrangers. Nous saisirons en même temps la justice administrative d’un recours contre l’Etat, pour obtenir une compensation financière de la prise en charge des mineurs isolés étrangers.

La crise humanitaire que nous subissons justifie que nous changions de diplomatie. C’est donc une diplomatie de vérité que nous adoptons dans notre Département, qui mettra chacun face à ses responsabilités. Nous sommes du côté de la responsabilité et de la solidarité, car nous souhaitons que la France honore dignement la tradition d’accueil et de tolérance qui est la sienne, et que je suis fier de porter en tant qu’élu du peuple français. Nous souhaitons, surtout, que la France soit fidèle aux engagements internationaux qu’elle a pris, et au premier rang desquels la Convention internationale des droits de l’enfant qu’elle a ratifiée en 1990. Voyons désormais quel camp choisira le Gouvernement.

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