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Une autre conséquence de la guerre aux pauvres

Le fondateur du Samu social Xavier Emmanuelli, ancien secrétaire d’Etat sous Jacques Chirac, vient d’annoncer qu’il quitterait la présidence de son association dans peu de temps. Il le fait dit-il, poussé par la colère et la frustration devant la conduite et les procédés du gouvernement en place, et d’un certain esprit du temps. Il le fait découragé, écoeuré même, par les manœuvres politiciennes dont ce gouvernement use pour disqualifier et discréditer les plus vulnérables de nos concitoyens. Pour moi ce départ est un signal fort. Il dit l’épuisement d’un homme qui a consacré sa vie à construire des solutions pour les plus démunis. Il dit la crise que nous traversons en France, crise morale et des valeurs, pour qu’on en vienne à tenir, au niveau ministériel, des propos infâmants sur les publics précaires, les femmes isolées, les mineurs, les migrants demandeurs d’asile, ou les familles victimes d’expulsions.

J’ai eu l’occasion de le dire avec force il y a quelques semaines à Paris, avec Bertrand Delanoe, le Président du Conseil général du Val-de-Marne Christian Favier, et l’ensemble des associations impliquées dans l’hébergement d’urgence, à l’occasion d’une réunion sur l’hébergement d’urgence en Ile-de-France : nous sommes à bout, nous acteurs de terrain, élus des territoires défavorisés. Cela fait des années que nous crions dans le vide pour que l’Etat nous aide à combler le manque de places d’hébergement d’urgence en Ile-de-France.

Or voilà que le gouvernement choisit l’affichage et le chiffre, et ferme brutalement plusieurs milliers de places d’hébergement en Ile-de-France. C’est une situation insupportable qu’il provoque en fermant ces places dédiées aux sans-abri, d’autant plus qu’il le fait pour des raisons strictement politiques et comptables.

Il est malheureux que Xavier Emmanuelli ait été lassé que « tout le monde se file le bâton de dynamite », comme il le dit dans un entretien à Charlie Hebdo. En Seine-Saint-Denis, nous ne cessons d’aller au-delà de nos responsabilités sur les questions de solidarité. Mais aucune solidarité départementale ne peut compenser ce qui devrait être traité au nom de la solidarité nationale. Un message que Messieurs Apparu, Fillon et Sarkozy devraient entendre avec l’annonce de cette démission.

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