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Rapport de la cour des comptes sur la sécurité: une "bombe" dans le jardin de Sarkozy

La Cour des comptes vient de rendre un rapport qui fait l’effet d’une véritable « bombe » dans le jardin de M. Sarkozy, tant il remet en cause l’efficacité de la politique de sécurité publique menée depuis 2002.

Alors que le gouvernement balaie régulièrement d’un revers de main les critiques de l’opposition, la souffrance des syndicats policiers et le désespoir des habitants devant la dégradation de l’ordre républicain, c’est maintenant la Cour de comptes qui, du haut de son autorité et de sa légitimité, met sérieusement en doute la baisse de la délinquance depuis 2002.

Ce rapport de la Cour des comptes fait la démonstration d’une impasse, d’une injustice et d’un tripatouillage.

En reconnaissant qu’avec « un taux de délinquance élevé, plusieurs villes d’IDF ont moins d’un policier pour 500 habitants, notamment des communes dites sensibles » et en évaluant le recul de l’effectif total de policiers à 5,3% sur 2003-2010, la Cour des comptes souligne l’impasse d’une politique qui a tenté de faire croire aux Français que l’on pouvait faire mieux de police avec moins de policiers.

La Cour des comptes souligne également l’injustice que représente le recul du service public de la sécurité à travers le poids grandissant des polices municipales. Par-là même, elle établit le creusement des inégalités territoriales devant le droit à la sécurité. Le recul de la police nationale au profit de la police municipale aboutit à ce que les villes qui en ont les moyens puissent offrir la sécurité à leurs habitants, et à ce que les autres deviennent progressivement des déserts policiers.

Enfin, ce rapport lève le voile sur le tripatouillage du gouvernement sur le Grand Paris de la sécurité en démontrant que l’augmentation de 3,1% des effectifs sur la période 2006-2009 est « due au regroupement des agents de surveillance de Paris, qui n’ont pas le statut de policier ». Au regard des enjeux d’ordre public extrêmement aigus en Ile-de-France et notamment de la guerre à mener contre le trafic de stupéfiants, nous avons besoin d’une police formée et expérimentée plutôt que d’un jeu statistique voué à faire passer des pervenches pour des gardiens de la paix.

Hier sésame électoral du président de la République, la sécurité est aujourd’hui le symbole de son échec. Dès l’année prochaine, la gauche devra reprendre ce dossier pour mettre en marche un grand service public de la sécurité. Dans les premiers jours, nous devrons poser deux actes forts. D’une part, procéder à un moratoire sur la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite dans la police. D’autre part, définir des territoires prioritaires de sécurité pour concentrer les forces là où elles sont le plus utiles.

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