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Pôle anti-drogue: un aveu d'échec et une promesse de déroute

Les ministres de l’Intérieur et de la Justice se sont rendus ce matin en Seine-Saint-Denis pour installer une unité judiciaire de lutte contre les trafics au parquet du Tribunal de grande instance de Bobigny pour donner suite aux incidents de Sevran.

Je me réjouis que M. Guéant ait mis de côté, le temps d’un court déplacement, son obsession pour la primaire socialiste. En revanche, la Seine-Saint-Denis regrette qu’une fois encore, aucune mesure forte n’ait été annoncée pour rompre avec le cycle de la violence.

Ce pôle anti-drogue, c’est à la fois un aveu d’échec et une promesse de déroute.

Aveu d’échec car M. Sarkozy est en charge de la sécurité des Français depuis bientôt 10 ans, et le phénomène du trafic de stupéfiants est loin d’être nouveau. Voilà bien longtemps que la drogue est l’ennemi public n°1 dans nos quartiers, aussi bien d’un point de vue de santé publique que d’ordre républicain. Voilà bien longtemps que de véritables mafias des cités se disputent les parts de marché et les portions du territoire à coups de kalachnikov pour éliminer la concurrence.

Le gouvernement porte une lourde responsabilité dans la dégradation de la situation, et il est bien tard maintenant pour annoncer ce pôle anti-drogue en réaction à l’émoi médiatique des événements de Sevran.

Cette annonce est aussi une promesse de déroute car elle marque l’obstination du gouvernement à ne pas revenir sur la suppression de fonctionnaires de police et de justice.

Quels que soient les outils créés et la qualité des fonctionnaires en charge, jamais on ne fera mieux de police avec moins de policiers, et mieux de justice avec moins de juges. Jamais les déplacements de Messieurs Guéant et Mercier ne compenseront les 400 policiers et les nombreux professionnels de justice qui manquent en Seine-Saint-Denis, département le plus jeune et le plus pauvre de France hexagonale.

Il est temps de prendre ce problème à bras-le-corps. Dès l’année prochaine, la gauche devra revenir sur cette règle imbécile du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui rend le gouvernement responsable de véritables déserts policiers et judiciaires.

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