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A Sevran et partout ailleurs, en finir avec les trafiquants

Mercredi 1er juin, devant la peur qu’un enfant ou un enseignant soit victime d’une balle perdue, la récréation a été annulée par l’école Montaigne de Sevran. Quel symbole.

Face à cela, chacun a ses mots, son analyse, ses propositions. Mais le choc, lui, est partagé, et je rends hommage au travail du maire de Sevran Stéphane Gatignon dont le courage est proportionnel aux difficultés que connait sa ville.

Comment a-t-on pu en arriver là ? A cette violence qui, désormais, structure littéralement la vie de certains de nos quartiers ? A cet échec cinglant d’un président de la République et d’un gouvernement qui, à grands coups de karcher, promettaient l’avènement de l’ordre et de la sécurité à tout endroit du territoire ?

A l’évidence, la nomination d’un « préfet de choc », quelles que soient ses qualités, ne suffit pas à rétablir l’ordre républicain. Le « Grand Paris de la sécurité » n’a pas non plus apporté la preuve de son efficacité. Il faut changer de paradigme.

Le trafic de stupéfiants est depuis longtemps l’ennemi public n°1. Le commerce est si juteux qu’il a institué de véritables mafias des cités qui se disputent les parts de marché et les portions du territoire à coups de kalachnikov pour éliminer la concurrence. Un cran en dessous, le « trafic de la souffrance sociale » met en scène le petit guetteur, le petit livreur qui ramassent les miettes de ce qui représente pour eux une économie de subsistance.

Puisque nous le savons, agissons. Nous n’avons pas besoin d’opérations coup-de-poing à simple vocation médiatique. De même, la stratégie d’utilisation de la police en simple force de projection – un petit coup et puis s’en va – s’est révélée être un échec.

La France a besoin d’une grande politique de sécurité publique qui actionne tous les leviers.

Il faut mettre en place une « police de mission » spécialement formée pour administrer un traitement de choc. Des brigades dédiées doivent être dotées des moyens de traquer les lieux de blanchiement, démasquer les investissements sales et démanteler ainsi les réseaux de trafiquants. Mais, une fois cette police partie, une véritable « police de quartier » doit prendre le relais pour assurer une présence constante et faire renaitre un climat de confiance dans la population.

Concomitamment, le renforcement des services publics, de la justice, du travail et de l’accompagnement social doivent assurer le retour à une vie normale.

Dès l’année prochaine, la gauche devra revenir sur cette règle imbécile du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui rend le gouvernement responsable de véritables déserts policiers. Est-il acceptable que 400 policiers manquent en Seine-Saint-Denis, département le plus jeune et le plus pauvre de France hexagonale ? Ce sont 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires que nous devrons mettre sur le terrain.

C’est ainsi que nous renouerons avec la première des libertés, celle d’aller et venir. Y compris dans une cour de récréation.

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