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Avec les «policiers patrouilleurs», M. Guéant déjuge le président de la République

Claude Guéant, Ministre de l’Intérieur, a annoncé hier en Seine-Saint-Denis la création de policiers « patrouilleurs » pour donner « plus de visibilité » à la police.

Après les « Unités Territoriales de Quartier » puis les « Brigades Spécialisées de Terrain », nous assistons avec les « policiers patrouilleurs » à la suite du concours Lépine du meilleur changement de nom pour masquer le rétablissement mal assumé de la police de proximité.

Cette annonce – nouvel exercice de contorsionnisme auquel nous ont habitué tous les ministres de l’Intérieur depuis la suppression de la police de proximité par M. Sarkozy il y a 8 ans – est un aveu d’échec du gouvernement : quel que soit le nouveau nom donné à cette police de proximité, en proposant de la remettre en place, M. Guéant déjuge le président de la République.

Au-delà, le compte n’y est pas. La proposition de M. Guéant n’est accompagnée d’aucune annonce de moyens supplémentaires. Tout au contraire, cette réforme se fera au mieux à effectifs constants. Faire croire que l’on fera plus et mieux de sécurité de terrain avec moins de policiers restera une gageure pour les forces de l’ordre et un mirage pour la population.

Au final, ce sont huit années de perdues pour les Français. Huit années de perdues pour les forces de l’ordre qui voient la stratégie d’occupation des quartiers et de lutte contre les délinquances remise en question périodiquement. Ainsi depuis 2009, l’objectif de création de 100 Unités Territoriales de Quartier – nouvellement dénommées Brigades Spécialisées de Terrain – qui devaient être la nouvelle police de terrain dans les zones à forte délinquance n’est plus que de 60 sur l’Hexagone, et la composition de ces unités qui devaient atteindre 50 effectifs se voit réduite à moins de 20 et par conséquence à moins de 10 policiers présents au même moment.

L’ordre républicain doit se réinstaller en France. Pour cela, il est urgent de prendre 3 mesures fortes. D’abord le recrutement de 10 000 policiers et gendarmes sur 5 ans dont 1000 dès la première année. Ensuite, un moratoire sur la Réforme Générale des Politiques Publiques pour mettre un terme au non remplacement d’un départ en retraite sur deux. Enfin, la création de zones prioritaires de sécurité permettant l’affectation de plus de policiers ou de gendarmes là où la lutte contre la délinquance le nécessite.

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