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Des méthodes d’un autre âge

Depuis quelques jours, on peut lire, sous la plume de la FASE 93, une espèce d’injonction qui m’est faite à m’expliquer sur des propos que j’aurais tenus, en plein cœur de la révolution tunisienne, promouvant l’action de Monsieur Ben Ali…

Ce petit procès épileptique serait presque amusant s’il ne révélait pas des méthodes d’un autre âge utilisées par des organisations prétendant pourtant laver plus blanc que blanc en matière de démocratie. Le constat est affligeant : à l’heure où les Tunisiens se débarrassent de leur dictateur et avancent vers la démocratie, certains groupuscules en Seine-Saint-Denis semblent redécouvrir les charmes du Stalinisme.

Les élections cantonales approchent et l’on ressent bien que certains aimeraient échapper au débat d’idées pour placer la campagne dans le caniveau. Qu’ils sachent que je n’en serai pas.

Les vertus de la société de l’information, c’est de conserver trace de ce que l’on dit ou écrit. En l’occurrence, chacun a le loisir d’écouter ou de réécouter les propos que j’ai tenus durant toute la séquence de la révolution tunisienne et qui pourraient se résumer en une phrase amplement répétée : « Rien ne justifiera jamais que l’on tire sur le peuple tunisien ».

J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’interpeler le gouvernement sur les fautes qu’il a commises durant cette période. D’abord, il y a eu un certain nombre de déclarations de membres du gouvernement qui ont donné le sentiment de justifier le joug de Ben Ali par les performances économiques de la Tunisie, la naissance d’une classe moyenne ou encore les avancées sur la laïcité. Rien ne justifie jamais une dictature.

Ensuite, au moment où des dizaines de Tunisiens trouvaient la mort dans des manifestations, j’ai dit qu’il était scandaleux de donner le sentiment que la seule chose que pouvait faire la France était de proposer à Ben Ali une collaboration policière. Le peuple tunisien avait besoin de la « France des Lumières », on lui a proposé la « France policière ». C’est une faute politique.

Voilà des années que j’entretiens des relations fortes avec le peuple tunisien. Pendant toute la révolution, j’étais suspendu à mon téléphone pour vivre cette libération au plus près de mes amis. Ce n’est pas pour devenir brusquement un compère de Ben Ali au moment où il est en fuite !

A présent, chacun ici doit rester concentré sur l’essentiel au lieu de chercher à se faire de la publicité avec des petites polémiques. A l’heure qu’il est, le peuple tunisien a besoin de nous. Loin de toute tentation néocoloniale, la France doit montrer à la Tunisie qu’elle se tient à ses côtés et qu’elle est disponible pour accompagner la transition démocratique.

Je suis confiant. Le peuple tunisien est mûr. Il a toute la lucidité et toutes les ressources pour faire de cette table-rase non pas un champ de ruines mais un champ où poussent le droit, le progrès social, les perspectives pour la jeunesse et le vivre-ensemble pour les religieux et les laïcs.

Cette leçon de démocratie que nous a donnée le peuple tunisien, certains ici seraient bien avisés de s’en inspirer.

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